Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 28 janvier 2006

Maria Soudaïeva : Slogans I, 4 et 5

« Pour elle, pitié ! Une dernière mort et plus rien d’autre ! »

Une dernière mort : comme un Indien, un Chinois, un Japonais, quelqu’un qui croit à la multiplicité des vies dirait « une dernière vie dans le cercle des morts et des renaissances… » Mais il ne rajouterait pas, ce croyant-là : « Et plus rien d’autre ». Il dirait : « Fin du cercle vicieux des existences conditionnées et LIBERATION. » Une dernière mort et, enfin, la libération. Or pour Maria Soudaïeva et son traducteur français, surtout pour lui, ce qui suit la mort, les morts, la mort ultime enfin terminée, c’est le rien. Pas « ce n’est rien » mais « c’est le rien ».
Et plus rien d’autre : l’inconscience, la décomposition, le néant.
Ce qui, foi de nonihil, me rend perplexe. Raisonnablement, avec la fin du corps et du cerveau, tout devrait être fini. On mourrait autant de fois qu’on veut au cours de la même vie, puis définitivement, une dernière fois avant le néant. Le même néant qu’avant la naissance dans cette vie – s’il est permis de comparer deux inexistants. Raisonnablement une seule mort suffit. Or s’il est logique, le post-exotisme n’a rien de raisonnable. Et pourtant la vérité n’est-elle pas une qualité de la raison poétique ? N’y a-t-il pas une vérité plus vitale, donc plus vraie, dans la fantasmagorie poétique que dans l’hallucination de la réalité ?
Si nous ne mourrions pas, nous tous les êtres vivants, il y a belle lurette que sur terre la place manquerait pour les nouveaux venus. Il faut mourir, dégager, lâcher la couverture. Il faut avoir pitié des vivants et s’effacer devant la naïveté des premiers jours. Pitié pour Natacha Amayoq! Permettez-lui de libérer sa croix ! Pitié pour la croix de Natacha Amayoq ! Pitié pour la mort, effrayante poubelle ! Pitié pour les vivants, bien plus mal emmanchés que les voyageurs en partance pour le néant !


« Assez d’acharnement sur les restes de Natacha Amayoq ! »

Les guerriers qui, sans craindre de souffrir,
S’en prennent à la haine, le pire des adversaires,
Connaîtront la victoire des héros :
Les autres resteront des tueurs de cadavres.

adapté de Shantideva


Assez d’acharnement : parlez-moi du néant !

00:15 Publié dans Lozungi | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.