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jeudi, 09 février 2006

Maria Soudaïeva, Slogans, I, 10

Les chrysalides ne sont plus des larves mais pas encore des papillons. Ceux et celles, surtout celles qui ne sont plus des larves mais pas encore des papillons. Des larves battantes, éligibles, libres. Des papillons crucifiés. Chrysalides pensives où des disques imaginaux façonnent la lumière pâteuse du devenir. La gelée s'ossifie, la pensée poursuit ses tours et ses détours: elle ne déteint pas sur chaque chose, pas plus qu'elle ne la projette, mais chaque chose s'allume, clignote un instant puis s'éteint dans mon esprit: je n'arrête pas de penser le monde, mon monde, et les Slogans continuent.


Chrysalides de la neuvième lune: octobre aux fraîches ducasses -- pommes d'amour et lignes de la main. Je sais que la Gitane avait raison: ma mère est tombée raide morte. Chrysalides pensives, vous avez raison: vous avez raison d'associer vos pensées à celles de Natacha Amayoq. Natacha, il n'a jamais été question de toi, mais de tout. Trop embrasser pour mieux étreindre. Nous sommes solidaires de ta vie, de la vie de tous les vivants, même des morts, solidaires des animaux qui hallucinent, des nuages fous qui se prennent pour des femmes et particulièrement des coupables, des réprouvés, des injustifiables. Notre solidarité se passe généralement de symposiums sanglants.

... mon esprit lui-même n'étant qu'une idée que j'imagine jaillir de mon cerveau, ce cerveau se trouvant perçu par mon esprit qui de même perçoit le monde... la solidité de la matière: une idée que j'ajoute à une série de sensations tactiles que mon mental rapporte à "moi", c'est-à-dire à "lui" en tant qu'il interprète tous ces événements de la conscience comme le devenir d'un moi...

L'insulte illustre moins bien notre propos que les jardins, les simples jardins. La solidarité se mangeant froid, nous recherchons les fourrures de la vérité. Natacha Amayoq, ma chère idée, tu te dissous, et ma conscience avec toi se dissout dans le stylo qui écrit ces lignes.

"Les loutres gueuses, les filles très-gueuses, les demoiselles extrêmes..."

Les gueuses, les très-gueuses et les extrêmes: voilà pour les papillons d'octobre. Ces femmes, beaucoup de jeunes femmes, qui crèvent la toile des jours et s'enfoncent dans nos fronts à coups de crosse et de jurons; des filles pas faciles qui nous feraient la leçon: des soeurs de Natacha Amayoq. Le râle des sexes ultimement insatisfaits, étonnés de cette absence d'ailes, de cette gluante traversée.
Les loutres nagent comme des gueuses dans l'eau de l'Autre, un espace à piller; les filles jouent avec le feu, leur rôle immémorial, très-gueuses avec les pigeons, très-gueuses entre elles et entre galaxies. Les demoiselles extrêmes, vierges folles dernier modèle, vous bordent dans le lit de l'un de vos derniers sommeils. Et toutes vous achèvent.

01:20 Publié dans Lozungi | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

V p euu B ni une larve ni une chenille ni une loutre juste lui et elle juste elle... Bizzzzzzzzzzzzzzzzzz.

Écrit par : Vilaine fille!!! | vendredi, 10 février 2006

Les commentaires sont fermés.