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dimanche, 26 février 2006

Maria Soudaïeva, Slogans, I, 11

Mobilisation générale

Dans la mesure où les extrêmes de l’être
Et du non-être ne sont que des objets de pensée,
Avec la fin de ces pensées l’esprit s’éteint
Dans la paix de l’égalité.

(Soûtra de l’Entrée à Lankâ, III, 6)

 

« Pour que s’éteigne Natacha Amayoq, mobilisation générale ! »

Pour que s’éteigne Natacha Amayoq :

Pour que, enfin, elle s’éteigne dans la paix ;
Pour que, ni elle ni une autre,
elle entre dans l’Inconditionné ;
Pour que, se refermant sur elle,
les mâchoires de l’inconcevable
ne broient rien ;
Pour que, pipe au bec, bombe au poing,
j’apostrophe tous les saints ;
Pour que, soleil parmi les soleils,
elle retrouve ses calots en plomb ;
Pour que l’éternité diminuée du ciel
ne vale pas seulement la mer ;
Pour que, une bonne fois pour toutes,
mais quoi ?
Pour que l’Absolu et tous ces grands machins
nous montrent enfin
leur vrai visage ;
Pour que les masques du temps
s’effacent, avec le temps,
sur les terribles traits
de la beauté amère
et intraitable ;
Pour ne jamais oublier que, morte,
Natacha Amayoq
est plus vive que jamais.

Obshchaya mobilizatsiya !
MOBILISATION GENERALE !

J’entends bien : satori général (pour le dire en langue zen), kenshô, « vision de l’essence » par tous et chacun, par tout un chacun, par tous et pour tous,
VISION DE L’ESSENCE de toute et de chaque chose, de chaque instant et de chaque particule, de chaque poussière de conscience et de chaque étincelle de matière :
VISION PROFONDE ET VASTE INFINIMENT !
En révolutionnaires omniscients, éteignons-nous avec Natacha Amayoq dans la paix de Natacha Amayoq !
Elle s’éteindra quand nous serons sages, quand nous aurons « tout compris », quand une fois encore nous aurons renversé l’Absolu et ramassé la dictature (que nous avons cousue de tout notre petit cœur et de tous nos petits doigts) : la dictature de la Belle au Bois Dormant, la dictature des fictions mort-nées, la dictature de Lucy dans le Ciel avec des Diamants…

La vision d’une « chamane nue », l’éclair d’une silhouette qui dansait, le cède à tous les réels qu’il vous plaira (car je ne sais rien de sûr entièrement). Pas de garanties sous le ciel sinon d’être tous frères : bombe au poing, pipe au bec, j’hallucine sous vos jupes, superbes mémères ! Que de cosmos aurons-nous éclatés, petits ordres célestes en orbite autour de l’étroitesse de mon front ! Où est passée la mobilisation générale des fontaines et des pierres, des araignées rugissantes et des anges – de tous les êtres sensibles ?

Sinon, comme toujours,
pas de révolution !
Sinon, une fois encore,
la révolution
échouera.

Mobilisons-nous tous
pour affamer
les flammes de l’ignorance :
Qu’enfin s’éteignent les ténèbres !

23:45 Publié dans Lozungi | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Vos impératifs martiaux claquent à mes oreilles, comme claque le drapeau au vent.
A L'Absolu et tous les grands machins ,est -il necessaire de donner une visage?
L'absence de représentation garde toute leur force aux choses et révèle le mieux leur extraordinaire présence.
Laissons aux ténèbres leur mystère
il m'éclaire tellement mieux!

Écrit par : L. | lundi, 27 février 2006

Tout comprendre...
est-ce urgent?

Plus le temps passe
plus j'ai envie de chemins d'étrangeté
de petits pas posés qui écoutent leur bruit
derrière eux
puis l'oubli
...

Joli blog.

Écrit par : Russalka | lundi, 27 février 2006

"Tout comprendre"
pour oublier
toutes les urgences.

Écrit par : nonihil | lundi, 27 février 2006

une réponse douce
la nuque s'incline
peut-être une fenêtre de fraîcheur ici
et le soleil moins fixe moins brûlant
moins assuré

Écrit par : Russalka | lundi, 27 février 2006

Le tag a la limite du slogant ennivrant... bizz c est bon les quotidiennes reprennent...

Écrit par : Vilaine fille!!! | lundi, 27 février 2006

Moins assuré, pour sûr, Russalka !
Bizzz à VF !

Festina lente !

Écrit par : nonihil | mardi, 28 février 2006

Les commentaires sont fermés.