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vendredi, 17 mars 2006

Maria Soudaïeva, Slogans, I, 13

« Orphelines de l’amère étoile :
solidaires de Natacha Amayoq ! »



Orpheline par la vérité – c’était sa naissance –, elle tombait en se blessant cruellement aux dents du puits, aux lames des murs, aux griffes des balconnets, toujours plus vite et rouge, sans jamais rencontrer de fin, sa chute s’accélérant avec la folie dont la souffrance et l’horreur imprégnaient le fantôme de son corps en chacune de ses déchirures hallucinées, chacune de ses parties arrachées, et elle tombait de toutes parts, elle-même par milliers, des milliers d’elle-même tombaient en souffrant dans l’infini de la souffrance, de la souffrance imaginée à l’infini, à l’infini goûtée, tant d’orphelines solidaires de Natacha Amayoq tombaient en fécondant l’abîme de leur chair éclatée que le Barâtre aussi, dressé comme un juste sur son socle de morve, restait les bras ballants à ne pas les compter, bien que contemplant leur chute.

Elles avaient coulé de leur mère, étoile amère, pour, embarquées sur le tilde de la mort, traverser l’amas des bardos et rejoindre au combat l’aporie incarnée en Natacha Amayoq. Le front de leur ciel était troué en son centre par l’Étoile des États bourreaux, en lieu et place de la Perle du Géant qui flamboie entre les sourcils d’aigle du Prolétariat: elles essuyaient l’impardonnable méprise d’avant le choix des êtres, la mort de toujours où l’étoile ni rien n’avait jamais été et où, aux filins d’or du Projet, elles pendaient, orphelines.

00:16 Publié dans Lozungi | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'univers chaotique de Maria Soudaïeva , j'ai retrouvé espoir page 73 avec son
Rêve number quarante neuf:
...
une barque se balance , rêve number quarante neuf!
promesse des heures matinales!
retour des silences tranquilles!
herbes odorantes,abeilles lourdes!
des abeilles sur les fleurs et ensuite : nitchevo!

Écrit par : L. | mercredi, 22 mars 2006

Ô L.,

Tel est le monde volodinien,
tel est le monde,
telle est notre hallucination,
parfois,
parfois,
toujours...

Écrit par : nonihil | jeudi, 23 mars 2006

Volodine aurait -il trahi ,plus qu'il ne l'avoue ,le discours de sa soeur d'écriture?

Écrit par : L. | jeudi, 23 mars 2006

Elle,

Non, pas trahi : partagé.
Comme navré d'être heureux.
Navré d'oser l'être quand toutes les parties de son immense corps, nous tous, sont aussi endolories.
Car tout ce qui porte épines n'est pas rose.
Mais tu le sais.

Écrit par : nonihil | vendredi, 24 mars 2006

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