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vendredi, 19 mai 2006

Slogan numéro je ne sais pas

Tout le monde le sait, tout le monde s'en fout, mais je le répète :

Souffrance, étoffe de tout

Pourquoi tout le monde a-t-il envie de tuer tout le monde ?
et souvent, trop souvent, passe à l'acte ?
Non. Plutôt, pourquoi cela n'a-t-il pas pris fin
déjà depuis des siècles, sinon des millénaires ?
Quelles est cette manie de la mort donnée ?
Une effroyable erreur. Un vice quasi fondamental.
Car, ni bien ni mal, rassurons-nous,
tout cela n'a ni fond ni raison.
Quasi fondamental. Le tendon d'Achille
par où abolir les étants - hommage à Pyrrhon !
La substance, l'éternité donc, de tout fondement
n'est qu'une idée fictive. Rien à penser de plus.
Décidément, " les mauvais jours finiront ".


J'ai trop longtemps manqué à mon devoir de gloser les "Slogans" de la Fée. Je semais des mots, j'apprenais d'étonnantes théories sur le réel, la perception du réel, la conscience, l'embryon d'ainsi-venu. Une belle fusée pour traverser la souffrance. Ailleurs, j'ai versé des tombereaux de phrases, de vers, de jacassements hargneux sur ma minuscule idée du monde, et j'ai maculé le pôle image de ma conscience avec les éclaboussures rouges et noires de ce qui ne sera jamais un souvenir. Impossible de se souvenir. Se souvenir, c'est être en plein dedans. Ce ne sont que des pensées. Quoi ? Tout ceci. Ce qui se passe. Ce que tu appelles "ton expérience". Nous cherchons désespérément, irrécupérables matérialistes de l'esprit, l'extase absolutoire, la fin de la peur, éventuellement la connaissance, ce qui a peu de sens, et parfois même nous rêvons, c'est notre côté "gentil", d'amour, de compassion, de "responsabilité universelle", global love sinon bienveillance cosmique. Nous cherchons l'absolu, comme on dit, sans jamais le trouver, tout en sachant bien que l'absolu et ses frères sont repartis, qu'il n'y a plus rien d'intéressant à faire ici et qu'il ne reste plus qu'à en finir définitivement avec Natacha Amayoq. Du moins avec ce qu'elle représente, c'est-à-dire elle.
Natacha Amayoq se dresse soudain dans mon esprit. Morte. Idée morte. Amayoq, pour ne pas dire Amayakhnavechtchaokh et des poussières, une clandestine comme toute ces flèches trouveuses. Morte, elle se dresse dans ma pensée, autre pensée, moi-même. Nous décidons de nous marier et de nous suicider ensemble en sautant d'une gondole au-dessus du cratère du mont Fuji. Elle me traverse; elle passe outre le pôle perception de ma conscience, le mental cette fois, la chantourneuse, la scie hallucinogène. Nous avons d'abord des enfants. Nous les tuons avec plaisir, puis nous nous suicidons comme je l'ai indiqué. Natacha ne m'en aime que plus fort. Je l'aime aussi mais le devoir me tire du lit. Cette fois, c'est la pure aperception qui prend la relève. Natacha se disloque en dix répliques d'elle-même qui vont chacune boucher un orient. Notre aîné ressuscite mais d'une claque je le renvoie en enfer. J'adore les jeux de console. Un deuxième témoin s'allume quand un point de couleur bleue de l'image complète de Natacha Amayoq repéré par le pôle perceptif d'une conscience visuelle encapsule ses paramètres dans une semence, ce qui la place d'office dans le flux de ma conscience fondamentale (dans sa substance, qui est pure aperception). L'instant suivant, cette semence (qui n'est plus) s'est dupliquée et, selon les circonstances, elle se manifeste comme l'expérience d'un point de couleur bleue qui formera l'objet de la conscience visuelle suivante. C'est ainsi que, au fil de consciences par milliards, les représentations créent et entretiennent l'illusion du monde ou, plus simplement, le monde où, peu le savent et moins encore s'y intéressent, Natacha Amayoq attend peut-être la mort. Je dis "peut-être" parce que, libre comme l'air dans mon esprit, j'ai décidé de la sauver de la mort. J'ai des millions de scénarios pour son salut; il me suffit de me concentrer un peu pour arracher Natacha au moindre risque d'être emportée par la mort. La mort n'existe pas, Natacha non plus, ni moi, ni le Bouddha. Je ne crois plus qu'à l'or du lion d'or, à l'or qui pulse dans ses moustaches, et je sens la parfaite compénétration des choses.

Le citoyen Kane reproche à Nisargadatta Maharaj, auquel il ne reproche rien par ailleurs, d'avoir écrit :

"Il n'y avait rien - pas même rien, aucun semblant - avant qu'apparaisse la connaissance de soi. Dans cet état sans état s'est dressé la connaissance de l'existence, la prise de conscience de son propre être.
En fait, il n'y avait ni temps, ni espace, ni cause. La conscience était sans cause, il est donc futile de vouloir en chercher une. Il n'avait pas de temps, on ne peut donc pas la dater. Il n'y avait pas d'espace, on ne peut pas non plus la situer. Voilà pourquoi les Védas, Shrutis et les grands yogis, comme Shankara, déclarent, s'appuyant sur l'expérience intuitive, qu'il n'y a ni cause, ni temps, ni espace. Il n'y avait pas non plus de soleil, car il n'y avait pas d'espace lui permettant d'exister, et pourtant la conscience atomique était là, elle était ressentie comme telle et il n'y avait rien d'autre.
Pourquoi ? Parce qu'il n'y avait rien, ni au-dessus, ni au-dessous, à même d'en prendre conscience. Seule la conscience d'être était là. Combien de temps a duré cet état ? Il n'existe aucune possibilité de réponse. Le grand miracle est que cet état d'existence était présent et avec lui un désir cosmique et sa réalisation immédiate. C'est ainsi que le miracle s'est matérialisé, miracle désigné plus tard par le mot Dieu."

Rachid Wu et Pierre Lucien se disputent le plaisir de commenter ce passage.

Vous voyez que Natacha Amayoq ne risque plus la mort !

J'en connais qui diraient que c'est le vieux gourou qui l'a sauvée : je crois qu'ils auraient parfaitement raison. Je ne le crois pas. Je le sais. Je l'ai décidé.

Recrachant la fumée de sa biddi, le vieux gourou disait :

"Je ressens les choses de la vie tout comme vous. La différence se trouve dans ce que je ne ressens pas. Je n'éprouve ni peur ni envie, ni haine ni colère, je ne demande rien, je ne refuse rien, je ne conserve rien. Sur ces questions je ne transige pas. Peut-être est-ce la différence la plus marquante qu'il y ait entre nous. Je n'accepte pas de compromission, je suis sincère avec moi-même, alors que vous avez peur de la réalité."

Rachid Wu et Pierre Lucien se lèchent les babines à l'idée de commenter, et de critiquer (qui sait?), autre chose que ce qui précède, quelque chose de plus bizarre, comme "Le grand miracle est que cet état d'existence était présent et avec lui un désir cosmique et sa réalisation immédiate...", par exemple.
    

10:44 Publié dans Lozungi | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je n'ai plus qu'à assassiner Rachid Wu et Pierre Lucien, à moins que dans un état (peu probable venant de mon admirable netego) de mansuétude, je ne décidasse de les envoyer Gauntanamer quelque temps, le temps que, devenus plus orange fluo que ne le seront jamais nos chasseurs locaux, ils ne puissent plus jamais entretenir l'espoir de commenter, ou l'ambition de caresser la croupe de Natacha Amayoq (ma main n'est pas partageuse).

Je n'ai plus qu'à tenter de faire s'éteindre un à un tous les blogs moyens et superbes, ne gardant que les skyblogs plein de minettes discutant du millimétrage de leurs piercings nasaux, auriculaires, nombrileux ou clitoridiens, afin que l'efficacité pousse enfin les journalistes et les éventuels millions d'internautes à ne lire que ce blog.
Et que ce billet.
Après, on verra si le gourou, biddi au bec, n'aura pas lui comme nous, peur de la réalité.

Écrit par : leblase | samedi, 20 mai 2006

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