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dimanche, 02 juillet 2006

L'individu et les choses

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Nâgârjuna

Stances de la Voie médiane XVIII

Examen du soi et des choses

/bdag dang chos brtag pa zhes bya ba ste rab tu byed pa bco brgyad pa'o//

1. Si le soi était les agrégats,
Il serait sujet à la naissance et à la destruction.
S’il était différent des agrégats,
Il n’en aurait pas les caractères.

1./gal te phung po bdag yin na/ /skye dang 'jig pa can du 'gyur/
/gal te phung po rnams las gzhan/ /phung po'i mtshan nyid med par 'gyur/


2. Si le soi lui-même n’existe pas,
Comment donc y aurait-il un « sien » ?
Moi et mien une fois apaisés,
Il n’est plus de croyance au soi ni au sien.

2./bdag nyid yod pa ma yin na//bdag gi yod par ga la 'gyur/
/bdag dang bdag gi zhi ba'i phyir//ngar 'dzin nga yir 'dzin med 'gyur/


3. Celui qui ne croit pas au moi ni au mien,
Celui-là n’existe pas davantage ;
Celui qui voit que la croyance au moi et au mien
N’existe pas, celui-là ne voit pas [de moi].

3./ngar 'dzin nga yir 'dzin med gang/ /de yang yod pa ma yin te/
/ngar 'dzin nga yir 'dzin med par/ /gang gis mthong bas mi mthong ngo/


4. Lorsqu’envers les objets intérieurs et extérieurs
Il n’y a plus de sentiment de moi ou de mien,
L’appropriation s’arrête et, avec son épuisement,
Les renaissances s’épuisent aussi.

4./nang dang phyi rol nyid dag la/ /bdag dang bdag gi snyam zad na/
/nye bar len pa 'gag 'gyur zhing/ /de zad pas na skye ba zad/


5. La libération est la fin des actes et des émotions négatives ;
Actes et émotions négatives viennent des pensées dualistes,
Et celles-ci des constructions mentales,
Mais ces dernières cessent dans la vacuité.

5./las dang nyon mongs zad pas thar/ /las dang nyon mongs rnam rtog las/
/de dag spros las spros pa ni/ /stong pa nyid kyis* 'gag par 'gyur/


6. Ayant considéré ce qu’on entend par « soi »
Et montré l’inexistence du soi,
Les bouddhas montrent aussi qu’il n’y a pas
Plus d’inexistence du soi qu’il n’y a de soi.

6./bdag go zhes kyang btags gyur cing/ /bdag med ces kyang bstan par gyur/
/sangs rgyas rnams kyis bdag dang ni/ /bdag med 'ga' med ces kyang bstan/


7. Il n’y a plus rien à dire
Quand cesse le champ d’expérience de l’esprit.
Non né et non cessant,
Le réel est comme le nirvâna.

7./brjod par bya ba ldog pa ste/ /sems kyi spyod yul ldog pas so/
/ma skyes pa dang ma 'gags pa/ /chos nyid mya ngan 'das dang mtshungs/


8. Tout est réel, non réel,
Réel et non réel,
Ni réel ni non irréel :
Voilà ce qu’a enseigné le Bouddha.

8./thams cad yang dag yang dag min/ /yang dag yang dag ma yin nyid/
/yang dag min min yang dag min/ /de ni sangs rgyas rjes bstan pa'o/


9. Inconnaissable par l’intermédiaire d’autre chose,
Paisible, libre des constructions mentales,
Sans pensée, non multiple :
Voilà les caractéristiques de Cela-même.

9./gzhan las shes min zhi ba dang/ /spros pa rnams kyis ma spros pa/
/rnam rtog med don tha dad med/ /de ni de nyid mtshan nyid do/


10. Ce qui surgit dépendamment d’autre chose
N’est déjà plus cette autre chose
Sans pourtant différer d’elle :
Il n’y a donc ni cessation ni permanence.

10./gang la brten te gang 'byung ba/ /de ni re zhig de nyid min/
/de las gzhan pa'ang ma yin phyir/ /de phyir chad min rtag ma yin/


11. L’enseignement des bouddhas protecteurs
Du monde est une ambroisie :
[Les choses] ne sont ni les mêmes ni différentes,
Et elles ne cessent ni ne perdurent.

11./sangs rgyas 'jig rten mgon rnams kyi/ /bstan pa bdud rtsir gyur pa de/
/don gcig ma yin tha dad min/ /chad pa ma yin rtag ma yin

12. Même en l’absence de parfaits bouddhas
Et quand les auditeurs ne sont plus,
La sagesse des bouddhas par soi
Apparaît sans que nul ne l’enseigne.

12./rdzogs sangs rgyas rnams ma byung zhing/ /nyan thos rnams ni zad gyur
kyang/ /rang sangs rgyas kyi ye shes ni/ /ston pa med las rab tu skye/


Commentaires

Difficile à commenter...

Pour ceux et celles que ça intéresse, ce passage est l'un de ceux que le Dalaï Lama est censé enseigner et expliquer à Rennes -- où je n'irai pas, n'ayant déjà que trop participé...

Liberté toute simple ! Vive la vraie anarchie !

Bien à vous tous et toutes !

Écrit par : nonihil | lundi, 03 juillet 2006

Difficile a commenter?tu crois? :-)

Écrit par : mushotoku-nad | lundi, 03 juillet 2006

N'empêche qu'il y a là des choses extrèmement importantes. L'appropriation par exemple, distinguer un phénomène sans s'y identifier, le reconnaître en tant que phénomène. C'est bien là la base de l'attention a soi, non?
Le problème c'est souvent de "penser" les textes, or il n'y a qu'une pratique saine d'attention et de constante vigilance qui puisse dénouer les liens, notamment celles des constructions mentales de nos chers "penseurs"!
Quant au soi, cela préoccupe bien du monde, mais je ne comprends toujours pas pourquoi il faille se poser des questions si on ne peut en avoir de réponse immédiate. C'est s'encombrer inutilement l'esprit!
Alors l'esprit au lieu de se défaire de ses liens accumule,projette...et c'est reparti pour un tour de questions inutiles...

Écrit par : véa | mardi, 04 juillet 2006

Penser: détruire dit-elle (Maurice Blanchot)

Leucate : Leucade : le brillant du mot " détruire ", ce mot qui brille mais n’éclaire pas, fût-ce sous le ciel vide, toujours ravagé par l’absence des dieux. Et ne pensons pas qu’un tel mot, maintenant qu’il a été prononcé pour nous, puisse nous appartenir ou nous être recevable. Si la " forêt " n’est rien de plus, sans mystère ni symbole, n’est rien d’autre que la limite impossible à transgresser, cependant toujours franchie comme infranchissable, c’est de là – le lieu sans lieu, le dehors –que survient, dans le vacarme du silence (tel était Dionysos, le plus tumultueux, le plus silencieux), à l’écart de toute signification possible, la vérité du mot étranger. Il vient à nous, du plus loin, par l’immense rumeur de la musique détruite, venant, peut-être trompeusement, comme le commencement aussi de toute musique. Quelque chose, la souveraineté même, disparaît ici, apparaît ici, sans que nous puissions décider entre apparition et disparition, ni décider entre la peur et l’espérance, le désir et la mort, la fin et le commencement des temps, entre la vérité du retour et la folie du retour. Ce n’est pas seulement la musique (la beauté) qui s’annonce comme détruite et cependant renaissante : c’est plus mystérieusement à la destruction comme musique que nous assistons et prenons part. Plus mystérieusement et plus dangereusement. Le danger est immense, la peine sera immense. De ce mot qui détruit, qu’en sera-t-il ? Nous ne le savons pas.Nous savons seulement qu’il revient à chacun de nous de le porter, avec désormais à nos côtés la jeune compagne innocente, celle qui donne et reçoit la mort comme éternellement

Écrit par : Blanchot | mardi, 04 juillet 2006

Les commentaires sont fermés.