Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 29 juillet 2006

De la foi en l'esprit (4)

圓同太虛,無欠無餘。
[Tout] est parfait comme l'espace :
Rien ne manque, rien n'est en trop.

良由取捨,所以不如。
En adoptant [ceci] pour rejeter [cela],
On se détourne de l'ainsité.

莫逐有緣,勿住空忍。
Sans succomber aux causes de l'être,
Ne pas se figer dans la patience du vide.

一種平懷,泯然自盡。
L'unité [de tout] paisiblement au coeur :
[Tout] s'épuise en s'abolissant.




Atteindre l’absolu n’a rien de difficile :
Il suffit pour cela de refuser tout choix.

La fin de toute préférence signe
L’éclatante blancheur de la réalisation.

La plus infime différence [écarte du réel]
Aussi loin que le ciel de la terre.

Pour en faire l’expérience directe,
Il faut passer permis et interdits.

L’opposition des permis et des interdits
Est une maladie de l’esprit.

Qui ne sait à quelle fin mystérieuse
Cherchera vainement à calmer sa pensée.

[Tout] est parfait comme l'espace :
Rien ne manque, rien n'est en trop.

En adoptant [ceci] pour rejeter [cela],
On se détourne de l'ainsité.

Sans succomber aux causes de l'être,
Ne pas se figer dans la patience du vide.

L'unité [de tout] paisiblement au coeur :
[Tout] s'épuise en s'abolissant.

mercredi, 05 juillet 2006

Foi en l'esprit (3?)

medium_zhi-ji-ru-lai.jpg
欲得現前。莫存順逆。
Pour en faire l’expérience directe,
Il faut passer permis et interdits.

En ne succombant à aucun figement de pureté.

違順相爭。是為心病。
L’opposition des permis et des interdits
Est une maladie de l’esprit.

L’aspect duel, contradictoire, destructeur des idées fixes comme l’ignorance fondamentale mal digérée.

不識玄旨。徒勞念靜。
Qui ne sait à quelle fin mystérieuse
Cherchera vainement à calmer sa pensée.

Les exercices de contrôle de l’esprit ne servent à rien quand on ignore de quoi il retourne. Cruel paradoxe : on veut voir ; on est encouragé à voir ; on sait que le désordre de l’esprit voile sa pureté, mais tout cela, c’est encore un comportement de malade. Qui ne s’empoisonnerait pas à prendre constamment un puissant médicament dont il n’a pas besoin ? La « fin mystérieuse », le but, le sens, le contenu (auto-)secret de l’illumination, de la vision, de la reconnaissance – la foi, somme toute, dans la magie de l’Ouvert, est la condition d’utilité véritable de toute pratique de quiétude (calme mental) et de vision supérieure (la clarté qui couronne le calme).

Donc, pour l'instant :

Atteindre l’absolu n’a rien de difficile :
Il suffit pour cela de refuser tout choix.

La fin de toute préférence signe
L’éclatante blancheur de la réalisation.

La plus infime différence [écarte du réel]
Aussi loin que le ciel de la terre.

Pour en faire l’expérience directe,
Il faut passer permis et interdits.

L’opposition des permis et des interdits
Est une maladie de l’esprit.

Qui ne sait à quelle fin mystérieuse
Cherchera vainement à calmer sa pensée.

dimanche, 02 juillet 2006

Douce Gloire

medium_manju2.jpg
Le livre, un "pecha" au format tibétain, représente la réalisation de la vacuité. L'épée représente la compassion, l'égalité...


L’éclat naturel du diamant
de l’Ouvert-vacuité


Prière d’aspiration à la réalisation du sens de l’inséparabilité de la base, de la voie et du fruit de la grande perfection de Douce-Gloire

Namo Guru Mañjuvajrâya !

1. Incarnation de la sagesse des bouddhas et des bodhisattvas
Des dix directions et des quatre temps que tu revêts dans la non-dualité,
Ô Douce-Gloire Adolescent en pleine égalité,
Puisses-tu habiter spontanément mon rien-à-faire !

2. Pour protecteur originel, j’ai un glorieux maître:
Que ma dévotion pour lui, qui me le révèle comme le corps absolu d’égalité,
Transporte dans mon cœur les bénédictions de sagesse de la lignée absolue
Et m’accorde la grande initiation du pouvoir créatif de l’Ouvert !

3. Éternellement présent, tu n’es pas un produit de l’effort,
Et peu t’importent nos différentes facultés ;
Tu es si simple qu’on ne te croit pas, ô mystère de l’esprit:
Puissé-je, grâce aux instructions spéciales de mon maître, te percevoir !

4. Le jugement et l’analyse enchaînent pensée après pensée ;
Les recherches et les démonstrations sont juste bonnes à me fatiguer ;
Les visualisations et les méditations referment sur moi leur cage :
Puissé-je, du dedans, trancher ces douloureuses complications !

5. S’il n’est rien à voir dans ce qui se passe des mots et de la pensée,
Il ne peut non plus s’y trouver quoi que ce soit qui n’ait été vu.
Puissé-je alors, au terme d’une décision n’émanant que de moi,
Réaliser le sens profond, cela même qui est si difficile à montrer !

6. Les proliférations du jugement sont pures dès l’origine: fin de l’extrême de l’être ;
L’éclat de l’Ouvert est spontanément présent: fin de l’extrême du non-être.
Ce n’est que pour l’évoquer qu’on le décrit sous ces deux aspects :
Puissé-je voir l’inexprimable sens de l’égalité indivisible !

7. Comme lorsqu’on montre du doigt la lune,
On commence par en parler en mots que l’intellect peut saisir,
Mais l’aise naturelle de l’expérience du Réel n’est pas un objet de l’intellect:
Puissé-je la percevoir en répondant moi-même à mes questions !

8. N’y trouvant rien à enlever, on la laisse telle quelle ;
Et rien ne permet de l’accomplir.
Réfutations, preuves, recherches et pensées ne peuvent donc pas l’altérer :
Puissé-je alors plonger dans ce qui spontanément se trouve là !

9. La base est ce qu’il faut connaître, la voie ce qui fait progresser
Et le fruit ce qu’il faut obtenir : dans leur nature véritable,
Ces trois entités ressemblent au ciel qui s’étage dans le ciel:
Puissé-je alors spontanément habiter le rien-à-faire !

10. Les impuretés du samsâra, présomptions nées d’une méprise,
De même que la vision pure qui permet de les dissoudre,
Ne sont, malgré leur complexité, que des désignations relatives :
Puissé-je voir, sans m’y figer, la toute simple nature des choses!

11. Le Réel dépasse l’entendement ; c’est l’état naturel des choses
Que la vue et la méditation altèrent en l’enveloppant de concepts :
Puissé-je retrouver cet état ordinaire délivré de la vue et de la méditation,
En restant sans effort dans l’aise naturelle !

12. En me concentrant sur un objet, j’empoisonne la vue ;
Si je m’astreins à l’effort, ma méditation se fait défectueuse ;
Et quand j’accepte ceci pour repousser cela, l’action se peuple de dangers :
Puissé-je voir le Réel dégagé de toutes ces misères!

13. L’éclat de l’Ouvert ne peut rester pris dans la cage des proliférations du jugement
Et, au-delà de la raison, je peux le percevoir concrètement:
Plutôt que resserrer le nœud coulant des intellections sur le ciel vide,
Puissé-je devenir expert en laisser-aller et en aise naturelle !

14. Puisse alors Douce-Voix rayonnant de sa propre lumière,
Aspect connaissant de l’Ouvert en corps vase de jouvence
Et éclat de la lampe de la connaissance jaillie d’elle-même,
Dissiper à jamais l’épaisse nuit de mes obscurcissements!

15. Comme dans le Réel libre d’artifice et inconditionné
Il n’est rien à inventer par les voies de l’artifice,
Puissé-je voir ce qui en moi vit de toute éternité,
Le sens du fruit ultime qui ne résulte d’aucune cause!

16. Les discours intellectuels, balle de grain, ne conduisent qu’à l’erreur:
Répétez-les comme vous voudrez en tissant des filets de pensées discursives!
Puissé-je en mon cœur méditer sur les profondes instructions spéciales
Qui ne viennent pas des textes et s’adressent à ma seule intuition!

17. La perception dualiste est fallacieuse par essence
Et tout ce qu’on peut imaginer ne correspond pas à l’ainsité.
Que s’accomplisse la bouddhéité au sens définitif,
Le corps de la sagesse jaillie non de l’esprit mais d’elle-même !

18. Dans la dimension de la connaissance de l’Ouvert-vacuité, toutes choses
Sont l’égalité de la sphère unique où s’abolissent
L’espoir du nirvâna et la peur du samsâra : puissé-je
Ne point me figer dans cet état et m’emparer de la citadelle du corps absolu !

19. Ce que je perçois comme mon corps et ses objets
Ne sont que mouches volantes manifestées par mes pensées:
Que l’éclat naturel de la sagesse non conceptuelle purifie
Toutes choses dans la dimension primordiale où toutes choses s’épuisent !

20. Ô incarnation de la sagesse vaste comme le ciel,
Puissent les êtres que contiennent les limites de l’espace et du temps
Jouir alors du fruit ultime que rien n’obscurcit,
Le joyau magique qui accorde tout bonheur et tout bien !


Or donc, la révérende Dékyong Wangmo, que tous reconnaissent comme une manifestation de la dâkinî de sagesse Vajravârahî, à la date favorable du quatrième jour de la troisième lune de l’an du Chien de Feu, me demanda une prière en me faisant l’offrande d’une écharpe blanche et d’un chapelet de cristal orné de pierres précieuses. Le jour même, moi Mipham Jampal Gyépa ou Ösal Dorjé, je composai ce texte pour ma propre gouverne dans la langue extraordinaire du dzogchen. Que les mérites de cet acte permettent à tous les êtres d’atteindre l’état de Mañjushrî Adolescent, notre protecteur originel !

On raconte que le Porteur du Vajra (le maître de Mipham Rinpoché Jamyang Khyentsé Wangpo ?) fit l’éloge de cette prière en déclarant qu’on pouvait atteindre la libération rien qu’en l’entendant. Que dire alors de ceux qui réfléchiront au sens de la meilleure des voies ! Ils ne tarderont pas à se libérer du seul fait de la vérité du Réel. Une prédiction chante l’éloge des enseignements de l’esprit de Samantabhadra en disant qu’ils émergeront lorsque les véhicules impliquant l’effort auront les plus grandes peines à aider les êtres. Puisse, en ce sens, la doctrine quintessentielle se répandre dans le monde entier et s’y épanouir !

(Livre d’heures de Dudjom Rinpoché, p. 333)