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lundi, 16 octobre 2006

Dernières nouvelles de "tout est esprit"

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Le Soûtra de l'Entrée à Lankâ me préoccupe, puisque je suis en plein dans l'annotation du bref mais dense commentaire de Fazang intitulé Les Mystères essentiels de l'Entrée à Lankâ.
J'aime vraiment ça : je crois approcher le trésor objectif. Trésor d'un sens inouï, objectif parce que sans folie. Folie ou ignorance douloureuse. Toujours la souffrance. Toutes les langues, les bahasa du monde n'y changeront rien.

Tout de suite une précision de taille : que tout est esprit ne signifie pas qu'il n'y a pas de "matière" ailleurs que dans l'esprit mais plutôt qu'il n'y a pas de matière (et tout le reste) qui échappe à l'esprit. La nuance est de taille : qu'en pensez-vous ?
Tout est esprit, je répète, ne signifie pas que tout est cinoche dans une trombine, mais que sans cette trombine il n'y aurait pas d'existence, de monde ni de cinoche possible. La trombine désigne ici la vie psychique.
Et surtout ceci : les phénoménistes bouddhistes ne cherchent pas à "ontologiser" sur le réel mais à le présenter pour qu'il soit possible de se libérer de la souffrance en atteignant l'Eveil pour le bien de tous --- ou de le croire, ce qui revient au même. D'où la métaphysique poétiquement fonctionnelle du Yogâchâra.
Comme le reconnaît Fazang, le troisième patriarche de l'école Huayan de Chine, c'est à Nâgârjuna le Grand Vacuiste que revient l'honneur d'être son maître d'Eveil (âcârya) ou "initiatique" (tib. slob dpon), puisque c'est lui qui le mieux explique que "depuis toujours il n'y a rien" --- dont Huineng, sixième patriarche du Chan/Zen fait la définition la plus sûre, et la plus violente, de la nature de bouddha de chaque être, du plus noble au plus humble, du plus cool au plus dégueu, homme, ange ou bête, voire chiron et paramécie.

Commentaires

SUBSEQUENCE

Des jardins verts de l'hypophyse
Naissent les printemps et chemises

Passant les circonvulations
Ils deviennent manifestations

Floraisons de graminées bleues
Ferments de tous terrains de jeu

C'est quand la sole est au repos
Que meurent les poissons-héros

Plus un remous ne trouble l'air
Un souffle caresse la mer

Écrit par : gmc | lundi, 16 octobre 2006

faute d'ortho, "circonvolutions"

Écrit par : gmc | lundi, 16 octobre 2006

Dernières nouvelles de « gmc », esprit frappeur de poèmes ( subséquemment bien sûr) avec à priori une reprise de circovulation seulement- avec la mienne cela fera deux-, le compte n’y est donc toujours pas.
(pas de faute d’ortho pour moi, j’insiste ).

Plus sérieusement,
Si « tout est esprit » signifiait « il n’y a pas de matière ailleurs que dans l’esprit », c’est à dire comme tu dis, cinoche dans une trombine, cela reviendrait à réduire l’esprit à un espace clos, celui de son propre mental, ce qui n’est d’ailleurs pas sans danger ( il y en a qui finissent par se prendre pour l’esprit lui même, même ).
Mais j’ai parfois aussi l’impression que l’on se sert du « depuis toujours il n’y a rien » comme déni de tout réél manifesté, comme matière à fuir la matière.

Écrit par : véa | lundi, 16 octobre 2006

l'énergie - ou le courant - qui fait fonctionner le mental n'est pas produite par le mental, véa.

Écrit par : gmc | lundi, 16 octobre 2006

Le mental est une instance de l'esprit. L'esprit désigne la psyché ou (le mystère de) la conscience.
La conscience n'est pas une chose mais le nom donné à certains types d'efficience. D'aucuns parleraient d'énergie, mais à ce moment-là faut rajouter l'espace-temps, etc. D'espace dans l'esprit je veux bien celui de la non-obstruction, sinon, pas d'étendue ni de mesure de l'étendu appelée temps.
A part ça, fort heureux de vous saluer !

Écrit par : nonihil | lundi, 16 octobre 2006

Ai-je dit qu'il l'était ?
Mais d'ailleurs, qui a parlé d'"énergie" ou de "courant" ??

Écrit par : véa | lundi, 16 octobre 2006

Ah! Tiens, un com qui s'est glissé entre temps.
Heureuse de te saluer aussi, Mister N.

Écrit par : véa | lundi, 16 octobre 2006

ce que tu dis implique une telle réponse.
réel manifesté: idées fictives, y compris la matière (aucun physicien ne sait dire ce qu est la matière - le mieux qu ils disent aujourd hui, c est "la matière est une forme solidifiée d énergie; pour l énergie, laissons tomber, mieux vaut ne pas demander).
à l inverse, la réelle matière est esprit et se projette ou se transmute - les termes sont dialectiquement et doctrinairement impropres mais on s en fout - au travers de processus dont le mental, devenant ainsi le réel manifesté, un film en quelque sorte.
en remontant - sans désirs, autrement ça chute profond - le mental, mer des roseaux en langage vétérotestamentaire, on sort de l intoxication consistant à prendre le film pour la réalité.

Écrit par : gmc | lundi, 16 octobre 2006

L'esprit donne de la vitesse au néant
et ainsi crée la matière

n'est-il pas ?

Luc

J'aime (vraiment) tes textes
qui donnent de la vitesse au néant (sourire)²

Écrit par : Le Bateleur | lundi, 16 octobre 2006

luc,
il n'y a pas de vitesse, il y a impression de vitesse, ce n'est pas tout à fait pareil. l'impression ressentie est une donnée sensorielle, de plus retraitée par le mental.

Écrit par : gmc | lundi, 16 octobre 2006

Non : la matière est n'est pas différente du vide.
D'ailleurs je n'en sais rien et je déconne à pleins tubes.

Une chose me chiffonne cependant : suis-je (du moins le vide qui permée mon agrégat de particules diverses) par effet d'osmose, lié de quantique façon au GMC des familles ?

Ca mérite une bonne infu de basorelle, ça !
Le fliiiiip !!!

Écrit par : cyp | mardi, 17 octobre 2006

Non : la matière est n'est pas différente du vide.
D'ailleurs je n'en sais rien et je déconne à pleins tubes.

Une chose me chiffonne cependant : suis-je (du moins le vide qui permée mon agrégat de particules diverses) par effet d'osmose, lié de quantique façon au GMC des familles ?

Ca mérite une bonne infu de basorelle, ça !
Le fliiiiip !!!

Écrit par : cyp | mardi, 17 octobre 2006

Non : la matière est n'est pas différente du vide.
D'ailleurs je n'en sais rien et je déconne à pleins tubes.

Une chose me chiffonne cependant : suis-je (du moins le vide qui permée mon agrégat de particules diverses) par effet d'osmose, lié de quantique façon au GMC des familles ?

Ca mérite une bonne infu de basorelle, ça !
Le fliiiiip !!!

Écrit par : cyp | mardi, 17 octobre 2006

moins d'un poil de souffle te sépare de gmc, cyp, rien en somme.

Écrit par : gmc | mardi, 17 octobre 2006

J'en suis tout espanté, GMC : les poils m'en tombent !

Avec l'épilateur GMC, tout devient bien plus NET :-)))

Écrit par : cyp | mardi, 17 octobre 2006

Là, j’avoue que tu m’as coupé le sifflet, gmc, avec ta définition du réel.
Réduire la science et la sagesse de l’humanité à trois phrases, même César Baldaccini n’avait pas réussi une telle alchimie compressive. Mais comme l’autre fois tu m’as dit que tu n’étais qu’un enfant qui jouait avec les mots, cela me libère totalement du sérieux et de l’interprétation qui pourrait éventuellement –voire fictivement- émerger à la surface de mon mental.
Un mot, un seul, que la grâce m’accorde en cet instant, trouve alors à se projeter au-dehors: ouf !!!

Écrit par : véa | mardi, 17 octobre 2006

tout homme qui parle ment, véa, le langage est un outil frustre pour décliner l'envers du décor, du style "comment décrire silence et lumière avec du bruit et de la couleur?"

petit commentaire lu récemment sur deux maîtres du Tch'an:
"Lin-tsi (en japonais Rinzai) ne tue que ceux qu'il se trouve rencontrer. Le massacre de Yun-mên est universel. Il supprime tous les gens avant même leur naissance. Pour lui, l'"homme vrai sans situation" est déjà la seconde lune, par conséquent un fantôme qu'il ne vaut pas la peine de tuer. Yun-mên recourt rarement aux cris et aux coups. Tel un sorcier, il tue par malédiction. Il a la langue inconcevablement venimeuse et, circonstance aggravante, il est le plus éloquent des maîtres du Tch'an."

pour faire bonne mesure, deux citations du dénommé Yun-mên:
"Ne dites pas qu'aujourd'hui je vous abuse au moyen des mots. Le fait est que je suis mis dans l'obligation de parler devant vous et, par conséquent, de semer des graines de confusion dans vos esprits. Si un véritable voyant pouvait voir ce que je fais, quel objet de risée, je ferais à ces yeux."

"Mon devoir m'oblige à tenter l'impossible. Même en vous disant de regarder directement en vous et de ne pas vous occuper d'autre chose, j'enterre déjà le vérité sous du verbiage. Si vous partez de là pour vous mettre en quête de mots et de phrases, vous creusant la cervelle sur leur signification logique, élaborant mille possibilités et dix mille distinctions subtiles, suscitant questions et débats sans fin, tout ce que vous y gagnerez sera d'avoir la langue bien pendue, alors qu'en même temps vous vous éloignerez de plus en plus de la Voie, sans jamais mettre un terme à votre vagabondage."

tout ce laïus est extrait d'un gentil ouvrage culturel, "les maîtres Zen" de Jacques Brosse (albin michel, 2001).

Écrit par : gmc | mardi, 17 octobre 2006

Bien, bien...

Écrit par : nonihil | mardi, 17 octobre 2006

Les commentaires sont fermés.