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mardi, 27 novembre 2007

L’un des pourquoi dont se passe la rose

Il y a ceux et celles qui, loyer payé, vivent à deux, trois ou plus avec quelque 200 euros par mois. Il ya ceux qui vivent avec moins d'un dollar US par jour : la majorité des êtres humains. Ce n'est pas mon cas : j'en ai honte. Je ne pense qu'à la vie intérieure, et là aussi le RMI et l'indigne règnent en maîtres. Alors permettez-moi, en dépit du bon sens, d'émetttre les quelques idées qui suivent, à l'usage de ceux et celles qui ont assez de temps pour se brancher sur le Net et s'adonner aux plus hautes considérations.


Le « non-soi » désigne le monde – ce qui n’est pas « soi » – et ne traduit pas le sanskrit « nairâtmya », le tibétain « bdag med » (pron. dakmé), le chinois « wu wo ». Il faut traduire (et comprendre) « sans-soi », « irréalité du soi ». Le bouddhisme nie le soi en tant que substance : ce qui est en soi et par soi. Ce faisant, il nie la personnalité de l’individu en tant qu’elle serait absolue, et non sa personnalité, son unicité, son originalité relatives. Les bouddhistes ne confondent pas M. X et M. Y. Les bouddhas et les bodhisattvas ont des noms différents : ils ne forment pas une masse indifférenciée. Si des bouddhistes ont commis des crimes sous prétexte que leurs victimes n’avaient pas de soi au sens où elles n’avaient aucune valeur, ils se sont grossièrement, et affreusement, trompés. Ils auraient dû commencer par comprendre l’inexistence de leur propre soi absolu. Pas de différence à ce niveau-là. Conchier le bouddhisme pour les crimes de certains bouddhistes, cela revient à conchier le christianisme, etc. pour les crimes de certains chrétiens, etc. Les non-bouddhistes reprochent souvent aux bouddhistes de n’être pas des bouddhas : est-ce une habitude chez les chrétiens de reprocher à un chrétien de n’être pas le Christ ? Tout cela, ce sont des considérations d’ordre relatif. Car, il faut le reconnaître, il existe indéniablement un « relativement vrai » : ce qui est vrai pour moi ne l’est pas forcément pour tout le monde ; et un « absolument vrai » : cet absolument vrai ou vérité absolue a tout du Dieu des mystiques : indicible, inconcevable, inexprimable. Ceux qui veulent que leur religion soit la meilleure ont raison de le penser tout bas ; cela peut les aider à progresser sans tout mélanger. Mais ils ont tort de le proclamer avec agressivité, voire de tout mettre en œuvre pour dénigrer et détruire les autres religions. La religion fait partie de la vérité relative : c’est un phénomène social, géographique, culturel. Ce qu’il y a d’absolument vrai dans la religion dépasse toute forme de culture, toute condition, toute religion. Je ne puis croire qu’un absolu soit supérieur à un autre absolu : il n’y a pas plusieurs absolus. Soit l’absolu est absolu, soit il ne l’est pas, et dans ce cas, il s’agit de quelque chose de sublime, peut-être, mais en aucun cas de l’ineffable vérité absolue. L’expérience mystique authentique est la seule preuve de l’absolu, non de son existence, mais de sa vérité. Seul l’individu qui « fait » cette expérience en connaît le contenu. Il le connaît non avec son « petit esprit », avec la pensée de son soi relatif, mais par-delà toute connaissance dualiste. Ce que je dis là, je ne le connais pas moi-même. Je ne fais que répéter ce que j’ai cru comprendre. Et je répète ceci : la colère est mauvaise conseillère. Jamais la haine n’a construit quoi que ce soit de beau. Quant à « Mein Kampf » en tibétain, mon bien cher « Zak », traduit par le XIIIe Dalaï Lama lui-même, je ne connais pas d’invention plus ridicule : plus ridicule encore que les délires du « Matin des magiciens »…

NB : Avec Spinoza j’admets une seule substance : Dieu, le seul être qui est, au sens fort. Et en ce sens j’ose affirmer, à titre de vérité provisoire, que l’insurpassable éveil authentique et parfait des bouddhas est un autre nom de Dieu. En aucun cas l’objet d’une croyance, mais bien plutôt la foi elle-même, l’indicible mystère de la foi.

Commentaires

Bon ton nuancé de ton post

entrer en soi et sortir de soi
indiquer le chemin et etre le chemin

le nouveau converti est un zelateur il veut prouver qu'il est digne de son nouveau maitre.
avec le temps le Dieu devient L'Ami

Écrit par : Buzz l'eclair | mardi, 27 novembre 2007

Hi Buzz !
A Bali je suis allé à la mosquée d'Amlapura. L'imam m'a aimablement reçu & nous avons fait causette. "Excusez-moi de vous tourner le dos", a-t-il dit à un moment, "c'est l'heure de la prière", et il s'est prosterné etc. devant la kiblah à laquelle il tournait le dos pour me parler.
Dans la cour de la mosquée j'ai rencontré des messieurs de tous âges qui arrivaient pour la prière, tous préoccupés à refaire les plis de leur sarong. Un grand bonhomme s'est approché de moi, m'a salué et m'a demandé : "Beragama apa (Vous êtes de quelle religion) ? ". Je lui ai répondu "Beragama Tuhan (de la religion de Dieu)". Il m'a adressé un sourire provocateur : "Tuhan siapa bagimu (Qu'est-ce que Dieu pour toi)?" Sans réfléchir je lui ai répondu : "Jalan ke ketuhanan (la voie qui mène à la divinité)." Toute trace de provocation a quitté son sourire et nous nous sommes chaleureusement serré la main.
Tout ça pour te dire que j'appréciais ton idée de "chemin".

Écrit par : Patrick | mardi, 27 novembre 2007

Très belle déclaration, à laquelle un amoureux de la paix et de l'intelligence
ne peut que souscrire.

Belle histoire, ausssi, à la mosquée d'Amlapur. L'opposition religieuse
vient d'une attitude très superficielle, on a une idée de ce qui est vrai, on fonce
vers l'autre en essayant de la lui imposer. Le résultat c'est parfois du sang qui coule.
Quand le cœur s'adresse au cœur, peu importent les concepts.

Ce qui m'a réellement troublé dans le blog d'IdC, ce n'est pas ce délire d'inquisiteur,
c'est plutôt l'état des lieux du bouddhisme - i.e de l'aspect relatif de l'enseignement
du dharma. J'ai beaucoup cherché ces temps-ci et je suis assez triste. L'histoire de Mein Kampf peut bien être un hoax (je n'ai trouvé aucune source sérieuse, que des recopies), mais côté lamas il semble qu'il y ait quand même un inventaire à faire.
C'est une chose qui me trouble depuis longtemps: comment un enseignant, vrai ou faux maître spirituel, peut à la fois être corrompu personnellement et corrompre autrui, et en même temps parvenir à transmettre quelque chose de valable ?

Écrit par : Xavier | mardi, 27 novembre 2007

Pour votre édification :


« (...) Quant aux Juifs nous devons savoir que les Juifs ont des enseignements démoniaques affirmant par exemple l'existence de l'égalité dans le monde phénoménal, troublant ainsi l'ordre public dans notre société nationale et détruisant l'autorité du gouvernement (...).

Qui plus est, ces conspirateurs démoniaques nourrissent l'illusion profondément enracinée et la croyance aveugle que, en ce qui concerne la nature essentielle des êtres humains, il existe une différence entre le supérieur et l'inférieur.

Ils sont victimes de l'illusion qu'eux seuls ont été choisis par Dieu et qu'ils constituent donc un peuple exceptionnellement supérieur.

Tout cela les a conduit à nourrir le perfide dessein d'exercer leur emprise et leur domination sur le monde entier, ce qui a provoqué les grands troubles qu'on connaît aujourd'hui. Il faut dénoncer cet exemple extrême de fléau résultant d'une croyance superstitieuse et d'une illusion profondément enracinée."

(In "Dôgen Zenji to Shûshogi", 1943, 416 pages.)


Yasutani Hakuun (1885-1973) disciple et successeur de Harada.


Vous voyez Patrick, les maîtres Zen japonais n'avaient même pas besoin de lire "Mein Kampf", ouvrage qui fut cependant bel et bien traduit comme Zak le signale justement par le XIIIe Dalaï-Lama ne vous en déplaise [cf. ,"The Dalai Lamas: The Institution and Its History", Ardy Verhaegen D K Print World, 2002 ] pour être remplis d'une douce "compassion" bouddhique manifestant un singulier "Eveil" en des matière nauséabondes !


Bienvenue sur terre !

Écrit par : Aloïs | mercredi, 28 novembre 2007

j'aime bien votre disposition d'esprit
jeune ,arpentant le Ladakh
dormant a la belle etoile
je retrouve ce souffle ici.
Ne vous laissez pas impressionner par les Monstres
sur le chemin
ils sont la pour vous eprouver.
ainsi va la vie.
ecoutez ce qui vient du coeur
encore et encore
patience
Buzz le moine soldat

Écrit par : Buzz l'eclair | mercredi, 28 novembre 2007

@ Aloïs : je suis édifié.

Quant au bouquin d'Ardy Verhaegen, je suis en train de vérifier.

Le dogme de l'infaillibilité papale est-il encore en vigueur ?

La paille, la poutre ... et les crétins !

Écrit par : Patrick | mercredi, 28 novembre 2007

Les Aloïs veulent foutre les foies, pas nous donner à aimer la foi.

Quant au foie, c'est au bar de la Gendronnière que les zenistes se l'entretenaient, il y a quelques années (à moins que la tradition ne se soit perpétuée jusqu'à nos jours :-)))

Comme le dit très bien Buzz, le néophyte est souvent zélateur... C'est vrai dans le bouddhisme aussi : rien de plus con et follo qu'un adepte tout frais.

Une fois rassis, le gonze sent bien meilleur, après s'être bonifié comme un fromage en cave ou un bon vin de garde.

Ce que dit Xavier est crucial : l'infusion du Dharma hors du pays-mère où il a été conservé comme un mammouth dans la glace, a draîné avec lui certaines mauvaises manières qui, tel un vert-de-gris rebelle, ont contaminé le métal ciselé.

Un bon coup de Miror™ suffira sans aucun doute à en restaurer l'éclat. L'important n'est pas l'imperfection des enseignants, qui est bien trop souvent plus que réelle, mais le fait de pouvoir toucher des yeux ces textes insondables comme des fosses océaniques... et qui nous font découvrir, à leur instar et leur insu, une flopée de richesses bouleversantes.

J'ai connu plus d'un rinpoché qui ne valait pas un pet de coucou, mais c'est un enseignement aussi, car ils ne sont rien d'autres que des antennes déréglées... et ça oblige à réagir, ce qui est sain

Suffit de trifouiller le câble et l'image revient, claire et nette...

D'autres triturent le fond des chiottes.
Ça les occupe.

Écrit par : cyp | mercredi, 28 novembre 2007

Merci Cyp pour la claire explic' !
Au plaisir de se revoir bientôt, j'espère...

Écrit par : Patrick | mercredi, 28 novembre 2007

Cyp vous écrivez :

"L'important n'est pas l'imperfection des enseignants (...), mais le fait de pouvoir toucher des yeux ces textes insondables comme des fosses océaniques... et qui nous font découvrir, à leur instar et leur insu, une flopée de richesses bouleversantes. "

Dès lors vous apprécierez assurément le caractère insondable de ce texte d'un grand maître Zen japonais qui, s'il n'a pas l'éminente profondeur d'une "fosse océanique", vous évoquera cependant l'odeur de la fosse à purin que distillent les "préceptes du mahayana" sur la vacuité de la vie :

"Les gens qui comprennent l'esprit des préceptes mahayana, devraient pouvoir tuer, tuer le plus grand nombre possible d'hommes.

Il faut se battre durement et tuer tout le monde dans l'armée ennemie. Et ceci parce que, pour amener la compassion et la soumission filiale jusqu'à la perfection, il est nécessaire de venir en aide au bien et de punir le mal.

Toutefois, lorsqu'on tue, il faut avaler ses larmes et garder présent à l'esprit le principe consistant à tuer et en même temps ne pas tuer. Ne pas tuer un homme mauvais qui doit être tué ou ne pas détruire une armée ennemie qui doit être détruite reviendrait à trahir la compassion et la soumission filiale, à violer le précepte interdisant de tuer. C'est une caractéristique spéciale des préceptes du mahayana."

(in Yasutani Hakuun, "Dôgen Zenji to Shûshogi ou Maître Dôgen et le Shûshogi")".

Écrit par : Aloïs | mercredi, 28 novembre 2007

Alois alias Zak alias Zacharias alias Saturne ombrageux alias many other names,

auriez-vous l'extrême obligeance de bien vouloir rester dans votre fosse à purin
à vous et ne pas venir conchier l'espace de Patrick avec vos interminables
répétitions dénuées de discernement ? Êtes-vous si malheureux dans votre propre
monde mental que vous vous pensiez chargé de souiller celui d'autrui ?

Prenez un valium ou allez au cinéma, buvez un verre de bon vin, couchez-vous de bonne heure, changez-vous les idées, vous vous faites du mal.

Merci d'avance.

Écrit par : Shezang | mercredi, 28 novembre 2007

la voie du dharma exige du disciple de ne pas s'attacher au fruits de son action
la voie du guerrier demande de vivre selon son devoir et rien d'autre

il en allait de meme pour l'ordre du temple
rien de nouveau sous le soleil

des differences enormes existent entre le Christ et Bouddha
mais confiance ce qui est impossible aux hommes est possible a Dieu
ce soir et a l'aube je ferai une priere pour les hotes du blog de Patrick

Écrit par : Buzz l'eclair | mercredi, 28 novembre 2007

Cela doit vraiment vous gêner que l'on vous rappelle quelques menues vérités désagréables au point que votre long cou d'autruche satisfaite s'en trouve visiblement dérangé mon mignon Shezang, de sorte que vous consentiez, péniblement, à surgir de votre obscur trou confortable pour caqueter trois navrantes phrases si dénuées d'intelligence ?

Vous aimerez donc, sans aucun doute, poursuivre votre paisible méditation si pleine de douces volutes spirituelles, en vous servant des hautes pensées élevées d'un maître Zen :

"(...) Il suffit d'observer tous les phénomènes de l'univers pour s'apercevoir qu'il n'existe rien qui ne soit pas en guerre. Dans le monde de la nature, par exemple, la graine de prunier essaie de conquérir le monde pour les pruniers, et le grain de riz pour le riz. Le monde des hommes n'est pas différent : les politiciens y luttent les uns contre les autres pour conquérir le monde politique et les marchands celui des affaires.

Le bouddhisme n'échappe pas à cette règle puisque le Bouddha Shakyamuni lui même a dû vaincre les démons pour atteindre à l'illumination. Faute de plonger dans l'arène de la guerre il est totalement impossible de connaître le Dharma du Bouddha. (...) Il n'est pas possible d'oublier la guerre ne serait-ce qu'un instant.

Le sabre qui tue est aussi celui qui donne vie. Les propos hostiles à la guerre ne font que refléter l'opinion idiote de ceux qui ne voient qu'un aspect des choses et non l'ensemble.

Il serait pématuré de fonder la politique sur une constitution; c'est pourquoi il faut appliquer pendant les dix années à venir une politique fasciste (...) De même, l'école produit des individus à l'esprit superficiel et cosmopolites. Tout le monde, dans ce pays doit pratiquer le zen. Ce qui veut dire que tout le monde doit s'éveiller à la Grande Voie des dieux. Ainsi est le zen mahayana."


Harada Daiun Sôgaku (1870-1961)


Bon "Eveil" à la Grande Voie des dieux du zen mahayana, à l'aide de l'adamantine doctrine du "Bouddha-dharma" !

Écrit par : Aloïs | mercredi, 28 novembre 2007

@ Zak et al.

Il est vrai que vous vous répétez, péniblement.
Vous pouvez citer tous les "plus grands maîtres" des écoles bouddhistes japonaises, tibétaines, etc. que vous voudrez. Certaines des monstrueuses conneries qu'ils ont écrites dans certaines circonstances et à certaines fins ne retireront pas au bouddhisme sa saveur de discipline, de concentration et de sagesse. Avez-vous lu, par exemple, Nâgârjuna, Âryadeva, Shântideva, Longchenpa, Hanshan, Asanga, Vasubandhu, Dilgo Khyentsé, Ju Mipham, Kamalashîla, un ou deux soûtras, un traîté du Mahâyâna... ? Je pourrais vous citer des tombereaux d'horreurs écrites par de "grands maîtres chrétiens" (pour se limiter à ceux-là) ou de terribles passages de la Bible, mais à quoi bon ? Vous brandissez la RELIGION, cette muselière, comme si tous ses actes et toutes ses paroles étaient définitivement et absolument vrais, et en cela vous vous trompez grossièrement. Si dans un auteur bouddhiste je lis : "Aime ton prochain plus que toi-même", et dans un autre : "Tue les méchants par compassion", quelle injonction croyez-vous que je choisirai ? Il semble que vous preniez ce qu'il y a de plus sale, que vous reprochiez aux guerriers de faire la guerre et à la guerre d'être criminelle : ce n'est pas une révélation. La guerre est folie ; la haine est le pire des maux. Ne prenez pas l'exception pour la règle, le dérapage pour le sillon et la bestialité pour la caractéristique de quelque groupement humain que ce soit. Il y a des criminels de guerre qui sévissent en ce moment même, en toute liberté, dont vous ne dites rien et qui, pourtant, mêlent le nom de Dieu à toutes les sauces. Il n'y a pas besoin d'aimer la vacuité pour être criminel : les mafiosi aiment se signer avant de tuer ; les colons et leurs prêcheurs ont fait peu de cas des êtres humains qu'ils décimaient pour leur prendre leur terre. Je ne sais pas pourquoi j'ai encore la patience d'essayer de vous ramener à la raison : vous avez décidé de régler son compte au bouddhisme ; vous avez certainement impressionné le nommé Francis, mais moi, si vous ne me faites pas sourire, vous ne m'impressionnez guère, et surtout ne me convainquez pas. Les bouddhistes eux-mêmes se sont tellement battus (dans des joutes philosophiques et parfois quelques coups de mains moins heureux) à propos de la vacuité que vos propos sur l'immense et insondable sagesse que le malheureux mot français de "vacuité" peine à rapporter me rappellent seulement qu'il s'agit là d'une idée proprement abyssale que je suis moi-même fort loin de sonder. Vous ne vous exprimez pas trop mal (malgré la surenchère) mais votre rhétorique ne peut convaincre que vos affidés. Pour moi, "bouddhisme", ou "christianisme", ne veut rien dire : ce qui compte, c'est l'homme. Allez donc copier-coller ce que vous voudrez dans ce grand foutoir réticulaire, peut-être vous éblouirez-vous vous-même, et si cela vous plaît, amusez-vous bien. Mais vous amusez-vous vraiment à répéter autant de choses sordides, à accuser autant d'hommes d'être des monstres ? Gap -- faut que je respire...

Écrit par : Patrick | mercredi, 28 novembre 2007

Je vais vous faire quelques concessions, "Zacharias",

oui c'est vrai j'ai les "oreilles plus pointues que celles des ânes",
je suis un "vilain Bouddha Piert import usiné à la chaîne",
un "triple idiot définitivement demeuré",
une "petite pucelle offensée", un "jeune imbécile", un "pitoyable pantin",
un "crasseux poussin", un "crétin tondu", un Peter Pan incarnant le mal,
j'ai un "long cou d'autruche satisfaite", et néanmoins je suis "mignon"...

Mais quel être étrange suis-je donc ?

Seule la vacuité telle que comprise par Zak Alois peut y répondre!

Blague à part, cette quantité de projections faites par vous à mon sujet, alors que vous ne m'avez jamais vu, donne une petite idée de la confiance que l'on peut accorder à votre jugement.

Autre confidence: je suis effectivement dérangé par les "menues vérités désagréables" concernant les enseignants zen ou tibétains supposément représentatifs des enseignements de la Réalité telle qu'exposée par l'Eveillé (Bouddha-Dharma). Cela me convainc que le titre ou la position ne signifie pas grand-chose. Précieux enseignement! Patrick n'a aucun titre, mais je lui fais plus confiance qu'à tous les roshis de l'ère Meiji, parce que le connais un peu, que j'observe son comportement et sa façon de réagir, sa grande patience, et sa compassion, et qu'en plus que je ne suis PAS convaincu qu'il est infaillible...

Écrit par : Shezang | mercredi, 28 novembre 2007

Je vais être court :

Zak et tous les fantomes à l'intérieur dudit :

T'es chiant.
Quand je te lis en diagonale, ce n'est qu'un moutonnement de mots redondants.

Et pis t'es un vrai gniard : Isabelle a bouclé, alors tu redeviens ce que tu es : un troll de base qui s'emmerde en emmerdant les autres.

Le cétoine sur son bouton de rose, au moins il est joli...

Écrit par : cyp | mercredi, 28 novembre 2007

Jalan ke ketuhanan
l'indicible mystère de la foi...
ces textes insondables qui nous font découvrir à leur instar et leur insu...
Voilà trois douces phrases dont les échos silencieux m'enchantent .

Pour le reste les bras m'en tombent...
L'esprit vivifie et la lettre tue .
T'as raison Cyp aller aux textes (je ne connais les enseignements que par eux ) et discerner avec le groin du cochon ou le bec de l'oie, receuillir des trésors infinis,ou pas , parfois c'est dur dur, ça coince,ça dérange...

Pour ma propre gouverne :pas s'encarter,ni dans une secte (au sens large) ni dans un parti ou autres congrégations secrètes ect...
Il me semble que l'on tombe vite dans le piège de l'identification,on réifie et on est dans le rouge ...
Rouge feux rouges, qui stoppent la circulation ou pire rouge colère.
Et puis d'abord LE Bouddhisme ça n'existe pas !
But i love Dhamma,Dhamma ...
and you of course !

Salutations amicales à tous

Écrit par : elise | mercredi, 28 novembre 2007

Patrick,


Je vais répondre à votre question à savoir :

« Avez-vous lu, par exemple, Nâgârjuna, Âryadeva, Shântideva, Longchenpa, Hanshan, Asanga, Vasubandhu, Dilgo Khyentsé, Ju Mipham, Kamalashîla, un ou deux soûtras, un traîté du Mahâyâna... ? »

Pour être clair, bien plus que vous ne l’imaginez mon ami ! Certes je ne vais pas vous faire une liste exhaustive du contenu entier de ma bibliothèque, mais sachez que les Lamotte, Grousset, Demiéville, La Vallé Poussin, et ce regretté Bugault avec lequel j’ai pu avoir quelques conversations fort intéressantes à l’époque, y tiennent une place significative.

N’imaginez donc pas vous trouver, dans la note chez IdC, ou les furtives apparitions ici en forme d'écho léger au débat enfiévré qui se développe dans son château, face à une critique primaire non documentée et ignorante de ce que représente véritablement l’héritage de la riche tradition doctrinale allant du Vimalakîrtinirdesa au Lankâvatâra en passant par le Madhyamakâvatârâ ou encore le Bodhicaryâvatâra, sans oublier, et à juste titre car l’un des plus solides, votre cher Mâdhyamakakarikâ.

Vous devez comprendre que si l’argumentaire tire parfois à gros boulets et donc attire un nombreux public et une suite conséquente de commentaires de niveaux inégaux mais dans l’ensemble homogènes, il recouvre néanmoins une analyse fondée en parfaite connaissance de cause des profondes failles théoriques, dangereuses, portant l’ensemble du discours classique de l’appareil dialectique bouddhique, ceci sans mésestimer les grandes divergences qui distinguent les différentes écoles entre elles ( je sais pertinemment ce qui oppose, radicalement, peut-être plus encore que ce que nous croyons être le sujet de nos divisions oratoires, un Madhyamika d’un Yogacara).

Toutefois vous me dites : « Vous pouvez citer tous les "plus grands maîtres" des écoles bouddhistes japonaises, tibétaines, etc. que vous voudrez. Certaines des monstrueuses conneries qu'ils ont écrites dans certaines circonstances et à certaines fins ne retireront pas au bouddhisme sa saveur de discipline, de concentration et de sagesse. » En êtes-vous si certain ?

En effet je pense, contrairement à vous, que nous sommes en présence d’une sagesse se fondant sur un présupposé radicalement erroné, la mise en équivalence théorique entre l’interdépendance des phénomènes (ou co-production conditionnée) et l’absence de « nature-propre » ayant entraîné, logiquement des dérives monstrueuses qui ne sont pas un « accident » de l’histoire, mais la conséquence quasi inévitable que portait en germe une doctrine absurde et inquiétante.

Je n’ignore pas, selon vos propres termes, que « les bouddhistes eux-mêmes se sont tellement battus ( …) à propos de la vacuité (…) qu'il s'agit là d'une idée proprement abyssale », mais c’est justement ces abysses qui m’apparaissent plus que redoutables concrètement, bien que procurant d’océaniques vertiges aux foules enivrées qui s’y laissent prendre avec une délectation non dissimulée.

Si Ichikawa Hakugen, avec lequel je partage nombre de ses vues, commença après-guerre sa puissante réflexion de remise en question des graves dérives scandaleuses et criminelles du bouddhisme zen par un examen de la doctrine de la causalité ou de la « production conditionnée », qui enseigne que tous les phénomènes sont dans un état de flux continuel, naissant et mourant sans posséder la moindre substance permanente, et don ramenant au vide êtres et choses. Il vit ainsi rapidement que cette doctrine de l'absence de nature propre (svabhâva-çûnyatâ) appliquée à la personne, doctrine produisant le concept de « non-ego » ou de « non-soi », ne laisse plus aucune place à l'indépendance des individus faisant obstacle au développement du principe de « droit naturel » tel qu'il est connu depuis des siècles en Occident (disons depuis Aristote et Platon) , si bien que les notions de respect, de droit, de dignité et de justice n'ont aucune possibilité de pouvoir bénéficier de fondements réels dans le bouddhisme, signalant un immense risque de dérive morale et éthique que vous ne pouvez nier, et que vous aurez sans doute constater, comme tous les occidentaux s’étant rendus dans les monastères asiatiques, à de nombreuses occasions, mais que le rappel de l’histoire tragique du XXe siècle permet de mettre nettement en lumière.

Hakugen montra ainsi, pour revenir à lui, que ce dont il s'agit ici dans la doctrine du « non-soi », était malheureusement devenu un principe à la fois théorique et pratique au service de l'impérialisme du mikado, comme il servit, et sert encore de caution à toutes les exactions épouvantables du clergé tibétain (cf. C. Prose)

Si vous affirmez donc : « Pour moi, "bouddhisme", ou "christianisme", ne veu[lent] rien dire : ce qui compte, c'est l'homme », sachant que je contresigne bien volontiers des deux mains votre affirmation, vous ne pouvez donc vous refusez à déceler, et mettre en lumière, dans vos propres sources sapientielles et traditionnelles, les principes mêmes du « Bouddha-dharma » qui permirent, et justifient toujours, les pires fautes éthiques à l’égard de l’homme sous couvert que selon la Prajnâparamita le vide et la forme sont identiques.

Il y a des séductions intellectuelles et métaphysiques Patrick, toutes religion confondues mais le bouddhisme apparaît comme peu immunisé en la matière et surtout bénéficie d’une image mensongère en Occident (ce qui commence à changer et est déjà le cas dans les pays anglo-saxons en avance sur nous sur ce point) d’innocuité lui permettant d’effectuer de significatifs ravages comme en témoignent beaucoup de ceux qui ont traversé certaines expériences traumatisantes (June Campbel, les disciples de Chögyam Trungpa, ou encore d'Osel Tendzin, etc.), qui peuvent se traduirent, mal utilisées nous sommes d’accord mais néanmoins avec un pouvoir de nuisance effrayant, par des bains de sang et des monstruosités inacceptables qui pour le coup, réduisent, et réduiront inévitablement, votre respect de l’homme à un néant, non de poétique vacuité indicible, mais « d’ignoble » abjection mortifère.

Écrit par : Aloïs | jeudi, 29 novembre 2007

@Patrick Shezang Xavier Cyp

Ne dites pas de folies sous pretexte de repondre a un fou

Écrit par : Buzz l'eclair | jeudi, 29 novembre 2007

"Mal comprise, la vacuité
Perd ceux qui manquent de sagesse
Comme un serpent mal attrapé
Ou une formule magique mal utilisée."

Nâgârjuna, Stances de la Voie médiane, XXIV, 11

Écrit par : Patrick | jeudi, 29 novembre 2007

Ami Buzz, c'est peut-être du temps perdu, mais m'est avis que pas tant que ça : il faut les exposer pour ce qu'ils sont, ces gens-là : de simples blogueurs or-di-naires. Des planqués du clavier.

Des gratouillous qui vitupèrent et jurent comme des charretiers dès lors qu'on les titille... et nous insultent.

Tu sais, ils sont du niveau du sarko-blog avant les élections, dans le genre grosses blagues de cul sur Ségolène. Ils sont vulgaires.

C'est une guerre Picrocholine... et puis non. Un pitre dans mon genre suffit à les faire déraper, c'est pour dire. Au moins tout un chacun peut voir et juger sur pied. C'est ce qui fait le charme d'Internet.

C'est aussi un nouveau genre de débat folisophique, un peu comme ceux qu'organisait le Grand Moghol Koubilaï... et je n'ai aucune difficulté à me couler dans la carcasse du gargantuesque Guillaume de Rubrouck,

http://www.wikitau.org/index.php5?title=Guillaume_de_Rubrouck

traduit avec amour et passion par mes vieux amis de cœur Claude-Claire et René Kappler.

Écrit par : cyp | jeudi, 29 novembre 2007

Cyp ils sont malades au sens de civilisation malade decrite par Nietzche.
rien ne peut les guerir
ils bloquent sur les souffrances du Christ et comme par hasard ils ne bloquent pas sur son amour
de la rigueur digne d'un Torquemada
aucune misericorde d'un Saint François
les damnés du spirituel
sans interet .

Écrit par : Buzz l'eclair | jeudi, 29 novembre 2007

Dominique de Fanjeaux et/ou François d'Assise, voici de quoi tout découle encore, Buzz...

Dommage.

Écrit par : cyp | jeudi, 29 novembre 2007

Et de même, la sagesse perd ceux qui "manquent" la vacuité...

Aloïs, je pense que vous devriez pratiquer la méditation. La vraie : celle qui consiste à se regarder à poil, sous toutes les coutures, à l'extérieur comme à l'intérieur, sans autre motivation que cette espèce de curiosité basique qui nous fait dire parfois "Oh, comme ça, juste pour voir..."

La suite de cette discussion dans dix ou quinze ans - ou jamais ! - quand vous aurez vu un peu de quoi il retourne...

Écrit par : Luc | jeudi, 29 novembre 2007

Patrick,

Un peu facile votre navrante dérobade par la citation d’un extrait archi connu du Prajñānāmamūlamadhyamakakārikā, de Nâgârjuna.

Ce dernier avait au moins, contrairement à vous, l’excuse de vivre au IIIe siècle coupé du monde claquemuré dans l’enceinte de l’université monastique de Nâlanda, et d’ignorer ce que sa pensée, c’est-à-dire celle du Bouddha dont il se voulait le fidèle interprète, pourrait avoir comme funestes conséquences terrifiantes si elle était mal comprise en nos temps de moderne mobilisation à des fins ténébreuses de toutes les puissances mondaines destructrices.

Du moins, faut-il lui reconnaître l’honnêteté d’admettre qu’elle perdrait inévitablement ceux qui manquent de sagesse, aveu qui est loin, très loin d’être anodin (j’imagine à vous lire que vous vous considérez comme détenteur de quelques minuscules reliquats significatifs de cette précieuse sapience, mais soyez tout de même vigilant on peut aisément s’illusionner en ces domaines…)

Par ailleurs, eu égard à la « sagesse » supérieure dont témoigne l’héritage des siècles, sagesse qui, bien évidemment cela ne vous aura pas échappé, caractérise la douce bonté de l'homme à l’état naturel depuis la nuit des temps, cette doctrine s’est révélée entre ses mains, comme il était inévitable, pour ce qu’elle était réellement, un poison violent et un mortel artifice au sinistre pouvoir.

Continuez donc à vous fermer les yeux volontairement ; vous êtes, concrètement, un démissionnaire de la pensée préférant la somnolence à « l’Eveil » véritable qui n’a rien à voir avec les timides satisfactions éphémères provenant d’un jeu intellectuel narcissique, fusse t-il servi par le fascinant appareil grammatical des artifices linguistiques du sanskrit, pâli, bumthang, mandarin ou hmong.

Inutile dans ces conditions de poursuivre, d’autant que le lamentable niveau argumentaire de vos tristes relations en ces lieux est un spectacle assez pénible et pour tout dire lassant.

Bonne nuit au sein du samsâra ; souvenez-vous au fait de ce petit proverbe empli d'une lumineuse vérité : « traduttore, traditore… »


« L’extinction des vues fausses sur l’être et
Le non-être est appelée nirvâna. »

Nâgârjuna, « La Précieuse Guirlande », 42

Écrit par : Aloïs | jeudi, 29 novembre 2007

Et le big bang ?

Surgie de nulle part, une goutte d'espace temps a perlé. Elle a enflé jusqu'à contenir des univers complexes imbriqués. Dont le notre. Les ondes, les particules, la matière, les galaxies et on connait le suite : les dinosaures, les grands singes et l'accident sapiens ! Bricolage cognitif et agencement conceptuels en tous genres. Et nous voilà brusquement passé du néolithique à Internet ...

Je ne sais pas combien il me reste à vivre, mais j'ai envie d'en comprendre un peu plus sur la vacuité des phénomènes, l'interdépendance, le vide, la forme et cette petite démangeaison surgie de nulle part.

Soyons fous ! Verveine menthe ce soir.

Écrit par : tonton rêveur | jeudi, 29 novembre 2007

Je dirais même mieux, "Aloïs",

L'extinction des vues fausses --
celle de l'être et celle du non-être --
voilà le nirvâna.

La vacuité n'est pas le dernier mot du bouddhisme :
ce dernier mot, c'est "nature de bouddha"
(tathâgatagarbha),
dont l'essence est "vide"
et l'expression "compatissante" (l'être-non-être des apparences).
La "nature de bouddha", c'est l'essence de chaque être animé.
Le mépris criminel d'autrui, c'est l'enfer.

Quand à Nâgârjuna, je vous remercie de lui concéder quelque sagesse, et vous admire pour avoir vu combien, dans sa sagesse, il s'était trompé en n'imaginant pas ce que sa vacuité aurait (je vous cite) "comme funestes conséquences terrifiantes si elle était mal comprise en nos temps de moderne mobilisation à des fins ténébreuses de toutes les puissances mondaines destructrices."

Écrit par : Patrick | jeudi, 29 novembre 2007

Damned !
C'est l'ange qui tombe à pic !

Écrit par : elise | vendredi, 30 novembre 2007

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