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mercredi, 28 novembre 2007

A propos de "Mein Kampf" au Pays des Neiges

Mon ami Laurent D., historien, ne m'en voudra pas de recopier ici sa réponse à ma question sur le best-seller d'Adolf qui aurait fait les délices du grand méchant XIIIe Dalaï Lama :

Que dire sinon confesser mon ignorance, et du livre [d'Ardy Verhaegen], et du sujet [cette bouffonnerie]. Une
remarque toutefois. Il faudrait mener une enquête car ça soulève un certain
nombre de problèmes. Sachant que le DL ne parlait pas la langue de Goethe
(son auguste oreille ne l'a entendue que brièvement en 1908 lorsqu'il fut
démarché au Wutai Shan par des inchénieurs teutons qui lui fantaient la
kalité de l'outillache allemand), et qu'il ne connaissait quelques mots de
la langue de Shakespeare... Une réflexion peu soucieuse de la chronologie
pourrait laisser croire que le 13e Maître - Océan a reçu une copie de
l'ouvrage et en a fait la traduction lors du séjour de l'alpiniste Harrer et
de son collègue Aufschneiter au Pays des Neiges, ou bien encore lors du
séjour tibétain d'une mission "anthropologique" nazie vers 1938. Le hic, car
il y en a un que tu connais, le hic, donc, est que le DL était parti pour
les Terres Pures en décembre 1933. Donc, sauf l'écriture automatique, la
planchette Oui-Da, et l'aide d'un médium spécialisé dans le Tibétain, je ne
vois pas comment Thubten Gyatso aurait pu faire une traduction de l'ouvrage
à partir de sa version originale.
Reste la filière britannique.. Le livre, en deux volumes publiés
respectivement en 1925 et 1926 en Allemagne, n'a été publié outre-Manche
qu'en octobre 1933, sous une forme simplifiée (essentiellement le deuxième
volume). Sachant que le Dalai Lama était fort malade plusieurs semaines
avant son trépas, sachant que les transports étaient ce qu'ils étaient, et
qu'il ne connaissait que trois mots de langue d'Albion.... Autre solution :
un agent de la couronne britannique lui aurait fait parvenir le texte
allemand.... et l'on se heurte encore à un problème de chronologie et de
langue. Au moment de la publication allemande (1925 et 1926, donc), nous
sommes en plein divorce anglo-tibétain, la rupture est consommée, c'est du
chacun chez soi. Donc, il est impossible que le Précieux Joyau ait eu accès
à la chose. Peut-être, mais je sens pointer une légère exagération dans mon
analyse, peut-être, disais-je, que le Maître des trois temps, l'Omniscient a
eu un vision et qu'il la retranscrite...
Blague à part, c'est là toute ma science. C'est vrai qu'il y a des
tibétoclastes et autres bouddhophobes, mais n'est-ce pas le lot de tout ce
qui a été érigé en mythe que de devenir une cible ?

mardi, 27 novembre 2007

Dans la mosquée d'Amlapura

22:20 Publié dans Bali | Lien permanent | Commentaires (5)

L’un des pourquoi dont se passe la rose

Il y a ceux et celles qui, loyer payé, vivent à deux, trois ou plus avec quelque 200 euros par mois. Il ya ceux qui vivent avec moins d'un dollar US par jour : la majorité des êtres humains. Ce n'est pas mon cas : j'en ai honte. Je ne pense qu'à la vie intérieure, et là aussi le RMI et l'indigne règnent en maîtres. Alors permettez-moi, en dépit du bon sens, d'émetttre les quelques idées qui suivent, à l'usage de ceux et celles qui ont assez de temps pour se brancher sur le Net et s'adonner aux plus hautes considérations.


Le « non-soi » désigne le monde – ce qui n’est pas « soi » – et ne traduit pas le sanskrit « nairâtmya », le tibétain « bdag med » (pron. dakmé), le chinois « wu wo ». Il faut traduire (et comprendre) « sans-soi », « irréalité du soi ». Le bouddhisme nie le soi en tant que substance : ce qui est en soi et par soi. Ce faisant, il nie la personnalité de l’individu en tant qu’elle serait absolue, et non sa personnalité, son unicité, son originalité relatives. Les bouddhistes ne confondent pas M. X et M. Y. Les bouddhas et les bodhisattvas ont des noms différents : ils ne forment pas une masse indifférenciée. Si des bouddhistes ont commis des crimes sous prétexte que leurs victimes n’avaient pas de soi au sens où elles n’avaient aucune valeur, ils se sont grossièrement, et affreusement, trompés. Ils auraient dû commencer par comprendre l’inexistence de leur propre soi absolu. Pas de différence à ce niveau-là. Conchier le bouddhisme pour les crimes de certains bouddhistes, cela revient à conchier le christianisme, etc. pour les crimes de certains chrétiens, etc. Les non-bouddhistes reprochent souvent aux bouddhistes de n’être pas des bouddhas : est-ce une habitude chez les chrétiens de reprocher à un chrétien de n’être pas le Christ ? Tout cela, ce sont des considérations d’ordre relatif. Car, il faut le reconnaître, il existe indéniablement un « relativement vrai » : ce qui est vrai pour moi ne l’est pas forcément pour tout le monde ; et un « absolument vrai » : cet absolument vrai ou vérité absolue a tout du Dieu des mystiques : indicible, inconcevable, inexprimable. Ceux qui veulent que leur religion soit la meilleure ont raison de le penser tout bas ; cela peut les aider à progresser sans tout mélanger. Mais ils ont tort de le proclamer avec agressivité, voire de tout mettre en œuvre pour dénigrer et détruire les autres religions. La religion fait partie de la vérité relative : c’est un phénomène social, géographique, culturel. Ce qu’il y a d’absolument vrai dans la religion dépasse toute forme de culture, toute condition, toute religion. Je ne puis croire qu’un absolu soit supérieur à un autre absolu : il n’y a pas plusieurs absolus. Soit l’absolu est absolu, soit il ne l’est pas, et dans ce cas, il s’agit de quelque chose de sublime, peut-être, mais en aucun cas de l’ineffable vérité absolue. L’expérience mystique authentique est la seule preuve de l’absolu, non de son existence, mais de sa vérité. Seul l’individu qui « fait » cette expérience en connaît le contenu. Il le connaît non avec son « petit esprit », avec la pensée de son soi relatif, mais par-delà toute connaissance dualiste. Ce que je dis là, je ne le connais pas moi-même. Je ne fais que répéter ce que j’ai cru comprendre. Et je répète ceci : la colère est mauvaise conseillère. Jamais la haine n’a construit quoi que ce soit de beau. Quant à « Mein Kampf » en tibétain, mon bien cher « Zak », traduit par le XIIIe Dalaï Lama lui-même, je ne connais pas d’invention plus ridicule : plus ridicule encore que les délires du « Matin des magiciens »…

NB : Avec Spinoza j’admets une seule substance : Dieu, le seul être qui est, au sens fort. Et en ce sens j’ose affirmer, à titre de vérité provisoire, que l’insurpassable éveil authentique et parfait des bouddhas est un autre nom de Dieu. En aucun cas l’objet d’une croyance, mais bien plutôt la foi elle-même, l’indicible mystère de la foi.