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lundi, 17 décembre 2007

Le "Lankâ" sur la "nature de bouddha"

Le bodhisattva grand être Mahâmati dit au Bouddha :
– Vénéré des mondes, la nature de bouddha enseignée dans les soûtras est fondamentalement pure, éternelle, incessante, immuable et pourvue des trente-deux marques majeures ; [elle se trouve] dans le corps de chacun des êtres animés, engoncée dans les vêtements sales des agrégats, des domaines et des sources, souillée par la saleté des idées fausses [qu’engendrent] le désir, la colère, l’ignorance et les autres [émotions négatives], et elle évoque un joyau inestimable caché dans un habit sale. Or le soi des non-bouddhistes est un créateur éternel, libre des qualités , indépendant et indestructible. [Alors,] en quoi la nature de bouddha enseignée par le Vénéré des mondes n’a-t-elle pas la même signification que le soi des non-bouddhistes ?
– Mahâmati, répondit le Bouddha, la nature de bouddha que j’enseigne n’est pas la même « chose » que le soi enseigné par les non-bouddhistes. Mahâmati, l’ainsi-venu, qui est arhat et bouddha authentique et parfait, enseigne la nature de bouddha en termes de vacuité essentielle, de cime du réel, nirvâna, sans-naissance, sans-caractéristiques, sans-souhaits et ainsi de suite pour délivrer les sots de la peur de l’inexistence du soi. Les enseignements sur la nature de bouddha portent sur une entité inapparente dégagée de toutes les fictions ; les bodhisattvas grands êtres présents et futurs ne devraient point s’attacher à l’idée qu’il s’agit du soi.
Mahâmati, il en va comme du maître potier qui fabrique toute une variété de vases à partir d’un tas d’argile en recourant à divers procédés et moyens dont sa propre habileté, de l’eau, un bâton, une roue et une corde. De même l’ainsi-venu [opère-t-il] au sein des choses dépourvues de soi sans recourir aux idées fictives mais plutôt à tout un éventail de méthodes habiles issues de la sagesse [de la connaissance] pour enseigner parfois [à certains] la nature de bouddha et à d’autres l’inexistence du soi en usant de toutes les nuances possibles du langage.
Mahâmati, j’enseigne la nature de bouddha pour tous les non-bouddhistes qui se sont attachés à l’idée du soi, afin que, libres de leurs vues erronées, ils passent les trois portes de la libération et rapidement atteignent l’insurpassable Éveil authentique et parfait. Pour toutes ces raisons, la nature de bouddha qu’enseignent les bouddhas n’est pas la même « chose » que le soi enseigné par les non-bouddhistes. Ceux qui veulent se libérer des vues non bouddhistes devraient reconnaître l’inexistence du soi, qui est la nature de bouddha.

Soûtra de l'Entrée à Lankâ, II, 28, p. 106-108, Paris, Fayard, "Trésors du bouddhisme", 2006.


Pour ne pas citer la relativement mauvaise traduction anglaise du relativement mauvais D.T. Suzuki.

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Commentaires

Misère, Patrick, ce texte va donner à nouveau l'occasion à l'autre fou furieux de se décharger sur le blog de son animosité et de ses vues inversées et malsaines.
Tous aux abris !..

Écrit par : Luc | mardi, 18 décembre 2007

Bof, restons zen.
...
...
...
hou la la qu'est-ce que j'ai dit comme connerie?

Écrit par : Yuk | mardi, 18 décembre 2007

Ô taiyô !

Écrit par : くノ一 | mardi, 18 décembre 2007

沒有問題。

Écrit par : Patrick | samedi, 22 décembre 2007

On peut imaginer Vasubandhu écrivant le "Soûtra de l'Entrée à Lankâ" pour intéger les visions complémentaires de Nâgârjuna et Asanga. Parfois je me raconte que c'est Shântideva, l'auteur de "L'Entrée dans la pratique des bodhisattvas", qui a écit le "Tantra du Choral du Nom de Mañjushrî".

Il s'agit de textes écrits, parfois sur plusieurs siècles, et très bien écrits : avec toute la conscience que l'on est en droit d'exiger de ce qui mérite d'être écrit.

Passionnante cette histoire de "grand soi", autre nom de la sagesse inapparente, l'essence véritable de la huitième conscience. Le "Lankâ" explique clairement que l'analyse des agrégats débouche sur la réalisation de la nature de bouddha.

Celle-ci découle naturellement de la vacuité-égalité de toutes choses.

Mais je me laisse aller à de vaines spéculations.

Écrit par : Patrick | lundi, 24 décembre 2007

Mais quelle est cette mer dont le rivage est la parole...

M. Shabestari

Écrit par : Elise | lundi, 24 décembre 2007

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