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lundi, 10 mars 2008

Etat de corps

Encore la nuit pour entendre les écluses
me battre aux tempes, crier haro sur la paix molle
des tendons inutiles, pendant que s'avachit
la mer avec des rots d'abysse et des dieux
en rut qui courent par toutes mes oreilles.
La nuit toujours comme un silence peuplé
de groins véloces, de mandibules au bord
des plaies, avec les mousses qui suintent,
l'éventail pileux et les griffes torses profondément
amies du pus promis à se perpétuer.
Un tas de viande à mouches, diamants fêlés
et chats ricanants contre la peur foreuse
d'énigmes, un tas qui se détache doigt
parmi les bagues, orbites ensanglantées
que zèbrent, fibres mortes, torsades de lune
et filets d'ego pralin liquide excrémentiel.
Calme la nuit au cou meurtri sur la ouate
dans le giclement des rêves crasseux
que lâchent ses blessures. Lui déchirant
l'ombilic, un avion s'échappe de la morgue
et se pose sur le bord de la nuit --
la nuit des gommes symboliques où, mythes,
les baisers gratuits aspirent les paupières
et chassent les guenilles autour des enfants-crapauds
à la face cloquée. Dans un croassement
de meubles d'autres cavaliers s'effondrent
et de méchantes machines se penchent
sur l'horreur pour piétiner le sourire dansant
des araignées. Car il en est ainsi, il en est
toujours ainsi quand les acides du temps
écrivent à coups de vomissures marron
la maigreur de la joie et les pénibles pâleurs
des noms ivres de ce qui ne peut
que meurtrir.


Le 11 février 2008 aux Valats

23:20 Publié dans Pierre Lucien | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : questions

Commentaires

Ô my Lord ! Ô Jesus !

Ca m'a tout l'air aussi...

Cassez-vous bande de niakwé ! Ou j'vous envoie l'Abbé Julio !
...;-(

Écrit par : Zombinet | mardi, 11 mars 2008

RIEN A SAISIR

La traversée du chaos
En marche arrière
Laisse apparaître
Des formes de matière noire
Qu'une vision perturbée
Par le sens du déplacement
Identifie comme monstrueuses
La peur réchauffe les doigts
Qui peuvent s'agripper
Le calme rétablit le grand froid
Et le mouvement peut se poursuivre
En toute quiétude

Écrit par : gmc | mardi, 11 mars 2008

Sans dèc, il y avait longtemps que je n'avais pas ri ainsi : la traversée du chaos en marche arrière (merci gmc !).
Bientôt chez vous : le retour sur soi par l'avancée des arrières (mais voui).
Piou ! J'me sauve !
(Salut Pat !)

Écrit par : Véa | mardi, 11 mars 2008

C'est vrai...

Une manière de gémir. Un gémissement sophistiqué. Mais la traversée de rien. En aucun cas du chaos. Juste de la douleur à revendre et de l'inquiétude, vers deux heures du matin, au lieu d'un bon sommeil réparateur et tout et tout. En aucun cas je ne souscrirais à ce pseudo-baroque grandiloquent. Mais il est des moments où le délabrement l'emporte sur tout, voire où il défoule : oui, un défoulement, c'est ça...

Bon rire à toi, Véa ! Et bons vers, pleins de sens, à toi, gmc !

Quant à Zombi-pas-net : oh oui, envoyez-moi l'abbé Julio, qu'on exorcise ensemble la crasse des lunettes douteuses !

Écrit par : Patrick | mardi, 11 mars 2008

continue à écrire, sans penser ce que tu écris, laisse faire l'écriture.
personne ne te demande d'y souscrire, regarde simplement ce qui advient. (au besoin, jette un oeil sur certains textes du "chant du danseur")

Écrit par : gmc | mardi, 11 mars 2008

il est super ce texte, tu m'autorises à le mettre sur le blog gmc en citant l'auteur sous les initiales pc par exemples?

Écrit par : gmc | mardi, 11 mars 2008

Superbe texte.

Gottfried Benn certes, mais qui aurait tout de même rencontré Pierre Guytotat...

Merci, comme dirait Madame Estrade :

"Il faut remarquer que le « merci » du français, issu latin merces, signifie salaire, prix et dans un registre spirituel déjà présent, faveur ou grâce à sens unique depuis Dieu. La langue renvoie alors au but, à la finalité, quelque chose comme bien reçu, un accusé de réception qui gomme alors le mouvement réflexif et réversible de l’échange."

www.martine-estrade-literarygarden.com/indonesie/indonesie-revue-banian-kasih.php

Écrit par : herve | mardi, 11 mars 2008

Ooups ! Pierre Guyotat, bien sûr

Écrit par : herve | mardi, 11 mars 2008

@RV : Merci aussi ! Connais pas trop Guyotat...

@gmc : comme tu veux, merci aussi...

Bref, merci. Le mot est assez joli. Son sens ? Il en a tellement.

Merci.

Écrit par : Patrick | mardi, 11 mars 2008

Merci à toi, Patrick. Annie et moi on a frémi en te lisant là-haut. On t'embrasse, et les tiens et ceux du blog. Appelle-moi, c'est important. Un truc pour toi.

Écrit par : cyp | mercredi, 12 mars 2008

Adoncques, un petit lien à propos de Guyotat :

http://remue.net/cont/Guyotat_02DD.html

Écrit par : herve | mercredi, 12 mars 2008

ok, je l'affiche sur le blog gmc sous les initiales pc et sans mettre de lien.
merci du prêt.

Écrit par : gmc | mercredi, 12 mars 2008

@RV : Il va loin, très loin, Pierre Guyotat, il va plus loin que la langue du caméléon. Ce qu'il dénonce, il faut le dénoncer, mais des fois c'est moins clair que plus banalement dit. Sade, Lobo Antunes, Volodine rauquent un peu pareil : et, j'ajouterais, Nâgârjuna aussi, en shlokas... Restent quelques problèmes de lisibilité pour des textes difficiles, parfois pénibles, et souvent très longs. Tout ne peut pas être aussi clair et simple que les Trois Mousquetaires, mais, à mon goût, à mon sens, la "lisibilité" devrait primer -- ce qui n'est pas (toujours) coincer le lecteur dans la facilité. Je crois qu'il faut veiller aux "upâya" -- ne pas manquer le coche de l'être-avec, du parler-à, du dire-sans-trop-de-manières. Comme ça, en passant.

Écrit par : Patrick | mercredi, 12 mars 2008

Les commentaires sont fermés.