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mercredi, 09 avril 2008

Indra Tjahyadi : un poème


En décorant le ciel (1998)

Je décore le ciel
Avec des anges qui grognent
Dans leur silencieux sommeil
De lune brûlée
Et de poèmes jaillis de la haine
Du soleil. J'attire toutes les blessures
Et la puanteur des morts
Mon souffle en se dégradant se remplit
De la pureté des mauvaises intentions
Je change la terre en ruines
avec Iblis ou avec des visions
De fantômes dans le jour et la nuit
Je suis des ravins soudain obscurs
Que coupent des oiseaux harengs
En examinant leur pouvoir avec des yeux
Cruels. Je permets
Aux boues de sauter, de jaillir
Avant que les digues les rattrapent.
En traînant les voitures
Avec du sang et cent sueurs de saison :
Oh quelle humble fourberie changea le jour
En rivières d'ordures qui puent la pisse
Il y a des cadavres de rats
Et des mendiants qui nourrissent
Des chats efflanqués. Comme si l'on interprétait
Un rêve en têtant la terre avec mille
Façons lamentables de s'ennuyer
Quand il fait noir et si mystérieux
Et que le bruit de la pluie se transforme en fête
Depuis mille morts étroites
Je m'accroche au vent en cherchant
La mort dans tous les berceaux tristes
Dans tous les plus répugnants désirs
En me tortillant comme un ver
Qui suce les tétons rances
De vieilles putains en gésine



Né à Jakarta le 21 juin 1974, Indra Tjahyadi est actuellement collaborateur du magazine littéraire et artistique Anarki...


MEMAJANG LANGIT

Kupajang langit
Malaikat-malaikat merintih
Dalam tidur yang sepi
Bulan terbakar
Dan sajak-sajak lahir dari kebencian
Matahari. Aku tarik segenap luka
Dan bau busuk orang mati
Nafasku jadi buruk
Dan dipenuhi niat jahat yang suci
Aku ubah bumi jadi puing-puing
Bersekutu dengan iblis
Atau bayang-bayang hantu di malam hari
Aku tapaki jurang-jurang kegelapan
Yang ditorehkan burung-burung hering
Menatap kekuasaan dengan mata
Yang bengis. Kubiarkan
Lumpur-lumpur melompat dan banjir
Yak terbendung lagi. Menyeret mobil-mobil
Dengan darah dan seratus keringat musim:
O betapa khidmat kelicikan mengubah hari
Jadi sungai-sungai sampah yang pesing
Ada bangkai-bangkai tikus
Dan para pengemis yang memberi makan
Kucing-kucing kurus. Seolah membuka-buka
Mimpi, meneteki tanah dengan seribu
Kebosanan yang keji
Ketika gelap sedemikian gaib
Dan bunyi hujan menjelma pesta
Dari seribu kematian yang picik
Aku berpegang teguh pada angin, mencari-cari
Maut pada segenap ranjang yang sedih
Dan dalam segenap hasrat yang paling jijik
Berlingkaran seperti seekor cacing
Menghisap puting-puting anyir
Dari pelacur-pelacur tua yang bunting

22:57 Publié dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : questions

Commentaires

"J'attire toutes les blessures
Et la puanteur des morts
Mon souffle en se dégradant se remplit
De la pureté des mauvaises intentions

"Je m'accroche au vent en cherchant
La mort dans tous les berceaux tristes
Dans tous les plus répugnants désirs
En me tortillant comme un ver"
.../...

Crois-tu que ce genre de poésie, complètement putride et morbide, te fasse du bien, Patrick ?

Écrit par : Luc | jeudi, 10 avril 2008

Cher Luc,

Merci de me rappeler à l'ordre.
C'est un peu ma tendance actuelle -- je suis si triste...

C'est parce que, n'en comprenant pas bien les mots et le sens, j'avais traduit ce texte, pour connaître, que je me suis permis de vous le soumettre. Mais c'est vrai, je ne devrais pas abuser de ce morbide dans lequel, je le jure, je ne me complais pas.

Merci d'avoir parlé !

Écrit par : Patrick | jeudi, 10 avril 2008

En parlant noir, as-tu lu La route de Mc Carthy ?
Bon sang que tout est bien difficile.
L'apaisement, oui, si essentiel.
Souvenir d'une de tes phrases " que la Dakini enlève nos maux de tête".
Je t'embrasse, et de tout coeur, amitié et vaillance à tout le monde.

Écrit par : Véa | jeudi, 10 avril 2008

Chère Véa,

Non, je n'ai pas lu "La route".
En revanche, je viens de finir "Songes de Mevlido" de mon pote Volodine. Terrible et délicat, comdab.
Tout est indéchiffrablement difficile.
Injustifiablement. Incompréhensiblement. Injustement ?

Avant-hier soir, recrachant la fumée de ma cloppe-dodo dans l'âtre, j'écrivais dans un petit carnet bleu ce mensonge non mensonge :


YAUMUDDIN (Doomsday) --- Foetus in foetu

Maintenant, juste maintenant,
la paix qui dure : un mot ?
Oui. Mais quel mot !
La paix de tout ce qui intervient
dans ce petit instant :
tout.
La paix elle-même
où tous les conflits se résolvent,
où il n'est plus rien du tout.
Quelle idée, la paix ?
N'y a-t-il pas encore
une douleur, ici ?
un malaise, là ?
Il y a tout.

Écrit par : Patrick | jeudi, 10 avril 2008

un peu longtemps que pas passée ici... un salut donc, un souffle, un sourire,et vais dormir!

Écrit par : neige | jeudi, 10 avril 2008

C'est le fil "Neige" qui nous réunit... Sympa...
Très jolies couleurs de tableau... Je comprends mieux vu les sujets...
La misère dans ce monde, un vaste sujet !
Que j'ai aimé ce film "La Cité de la Joie", porteur d'espoir, pleurs assurées à chaque fois, mais je suis une grande sensible... J'ai pris le lien du site, pour revenir voir les "news"...
A bientôt..

Écrit par : Vanille | vendredi, 11 avril 2008

Petite note perso pdt mon déplacement à MtPellier ---

Le 22 avril prochain, la flamme olympique sera à Jakarta.
D'après Sumohadi Marsis, en charge du trajet de ce symbole-valise, la flamme, qui devait partir du City Hall et rejoindre le Monas par Chinatown en fait, de l'aéroport Halim Perdanakusumah de J. Est, par Gatot Subroto, jusqu'au stade), restera au stade Bung Karno à Senayan, Jakarta Sud, sous la surveillance -- la protection ? -- de 1500 policiers. "We are preparing for the worst-case scenario..."
Allumée le 24 mars dernier à Olympie en Grèce, elle est censée traverser 20 pays pour un voyage de 137000 km. Les leçons de Londres, Paris et Frisco ont déjà porté leur fruit... J'aurais pourtant bien aimé que mes amis indonésiens montrent leur attachement aux droits de l'homme.

Komisi Olimpik Nasional Indonesia public relations officer, Firmansyah Gindo, was quoted by the Antara news agency as saying that the decision (to keep the relay route secret) was made by the committee, in collaboration with the Chinese embassy here.

Écrit par : Patrick | samedi, 12 avril 2008

Les commentaires sont fermés.