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samedi, 28 juin 2008

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Saraswati.JPG

23:58 Publié dans Bali | Lien permanent | Commentaires (19)

Commentaires

Nombreux, les visiteurs du temple
Aux premiers jours du printemps
Mais quand les fleurs fanent,
Qui d'autre à part le moine portier ?
(Zenrinkushu)

... soupire la demoiselle de pierre.

Écrit par : Luc | lundi, 30 juin 2008

Après avoir regardé et admiré lentement et longuement
j'ai eu le sentiment que ce qui importait le plus ici
était la position des doigts*
je crois que je pourrais passer le reste de ... ce qui me reste
à tenter de le déchiffrer
(avec bien sur un passage régulier du regard, un retour, sur ces autres parties si chaudes au regard.

Mais peut-être pourrais-tu m'en dire plus
(ici je ne cherche pas à raccourcir la promenade de la pensée, mais un peu à entendre ta voix)

* Bizarrement, Je pense en les voyant à une certain carte du tarot de Marseille.

Écrit par : le bateleur | lundi, 30 juin 2008

C'est vrai, on peut se demander à quel retour soupire le regard de la demoiselle. Sous ses charmes printaniers ses mains protège un secret.
Comme l'écrivait un romancier trop peu lu (pouf, pouf) dans son " Palais des nuages" :

"Voici un secret: Le Nord où tu habites, le Nord du Palais, vaut à lui seul les trois autres coins du monde. Le Nord, retiens bien ça, le Nord est le centre des vrais adeptes, même s'il leur arrive de déguiser cette prédilection en célébrant par antiphrase les charmes du Midi . Mais chez les vrais poètes, cette ruse ne trompe pas. Leurs vers, comme ceux du grand Wang Wei, nous parlent toujours du pur Ailleurs:

Au coeur de l'âge, la voie nous prend !
Ma tardive demeure est aux monts du Midi.
La joie me vient - seul je m'y rends :
Le paysage est tel - l'esprit se reconnaît .
Je vais jusqu'où la source s'épuise
Et contemple la naissance des nuages.
Voici le semeur de forêt -
Ensemble, nous rions dans l'oubli du temps. "

Ici nous serons libre crie notre coeur !

Écrit par : Elise | lundi, 30 juin 2008

Aho !

Du lac posé sur la cime s'envolent les autres montagnes

Écrit par : Patrick | lundi, 30 juin 2008

Ni corps, ni esprit
Et point de nom
Qui suis-je ?

Écrit par : Luc | mercredi, 23 juillet 2008

A l'époque, il s'appelait Fang, et un jour où il senti mon dégoût de la voie, il m'écrivit un poème.

Ce poème, j'en avais reconnu la valeur,
Donc je l'ai gardé en mon coeur,
A présent que la lumière, en ma vie, est plus vive,
Sereine,
Il me reste, de ce poème, à en faire usage.

Variations sur la vacuité pour Tenryu

Ni bonne ni mauvaise, la vacuité ne justifie ni le bien ni le mal.
La vacuité a beaucoup de définitions.
La vacuité est le réel mais elle n’est pas réelle.
La vacuité dépasse l’être et le non-être, le bien et le mal.
La vacuité est une serrure où se perdent toutes les clés.
La vacuité est la seule clé qui puisse ouvrir ce qui n’a ni porte ni serrure.
La vacuité peut désigner l’irréalité de toute réalité.
La vacuité se vit par delà la réalité et l’irréalité.
La vacuité est sagesse en tant que contenant et contenu de toute illusion.
La vacuité est la plus grande image du sens.
La vacuité montre le néant de toutes les valeurs.
La vacuité est le seul remède contre le nihilisme.
La vacuité est la libération de la tyrannie de l’être.
La vacuité consiste à jouir de l’apparence.
La vacuité a la vigueur du diamant.
La vacuité est la panacée : vivement qu’elle soit obligatoire !
La vacuité est toujours « réalisation de la vacuité ».
Il est impossible de réaliser la vacuité.
La vacuité est aussi éloignée de la réalisation que le ciel de la terre.
La vacuité est une montagne qui se mange à plat.
Depuis une semaine, les alouettes parlent de la vacuité.
La vacuité rugit encore dans les plumes du moustique.
La vacuité, c’est la compassion que ne trouble pas la vacuité.
Rien ne trouble la vacuité, pas même la méchante pitié.
La compassion est l’activité « normale » de la vacuité.
La vacuité ne fait rien mais par elle tout se fait.
La vacuité n’est pas un autre nom de la spontanéité.
La vacuité est ce qui dans l’esprit dépasse l’esprit.
L’esprit est la claire lumière de la vacuité.
La vacuité est conscience de soi claire par soi.
La vacuité est le témoin de la pure aperception :
c’est une semence, une imprégnation, une manifestation.
L’éternel retour – du même – singe la vacuité.
La nuit de la pensée occidentale n’a rien à voir avec la vacuité.
La vacuité est l’unique remède du nihilisme.
Valeurs et sens ne peuvent un instant cacher leur vacuité.
Sans gadgets pas de vacuité, sans vacuité pas de gadgets.
La vacuité reconnaît l’illusion dans l’illusion.
L’illusion n’est pas illusion : telle est sa vacuité, une illusion.
La vacuité n’est pas défaut mais cuirasse.
La vacuité n’a rien à voir avec l’espace.
La vacuité, ce sont les sables du Gange.
La vacuité, ou la lune qui sort des nuages.
La vacuité obsède les traducteurs bouddhistes.
La vacuité revient aux crocs de la dâkinî et non à sa féminité.
Tout est vacuité, essentiellement la vacuité.
Que ceci soit vide de cela : piètre vacuité.
Que les choses soient vides une fois nées : c’est grand.
Que les choses soient vides avant de naître : c’est immense.
Il n’y a pas plusieurs vacuités, mais il n’y en a pas une seule non plus.
Même inconcevable, la vacuité rit : je le sais.

Écrit par : Tenryu | vendredi, 01 août 2008

"Ce poème, j'en avais reconnu la valeur,
Donc je l'ai gardé en mon coeur,
A présent que la lumière, en ma vie, est plus vive,
Sereine,
Il me reste, de ce poème, à en faire usage."

Ami Tenryu, n'est-ce pas le contraire : puisque ce poème a déjà visiblement servi, il vous reste, de cet usage, à en faire un poème !

Écrit par : Luc | mercredi, 06 août 2008

Salut les amis, Luc et Tenryu !

J'espère que tout va bien pour vous.
De la vacuité, des poèmes et du reste (cela existe-t-il), je fais usage, bon ou mauvais, je ne sais. "Au coeur de la compassion" et "Les stances fondamentales de la Voie médiane" sont sorties (chez Padmakara), et pour l'heure, quand je ne lis pas Proust ("Du côté de chez Swann" -- il y a un commencement à tout), je peaufine une traduction du tibétain, et l'annote, dans la mesure de ma compréhension... Il s'agit du "Trésor de Précieuses qualités" de Jigmé Lingpa, avec un commentaire assez détaillé de Kangyur Rinpoché.
Sinon, outre de guérir de mes maux de tête (et autres), je rêve d'écrire "de la littérature", et, of course, de repartir pour Bali, Ubud, Peliatan, la rue et les sourires. L'Equateur de la vie.

Écrit par : Patrick | mercredi, 06 août 2008

Content d'avoir de tes nouvelles, Patrick !

Proust est en fait un auteur hautement "spirituel" : le coup de la madeleine, c'est du pur Advaïta. Arrête-toi juste un instant pour évoquer par exemple un chouette souvenir d'enfance, laisse lentement remonter toutes les impressions et le sentiment de béatitude ressentis alors, et enfin réalise qu'au réel, il ne s'est écoulé absolument aucun temps entre maintenant et l'époque de ce souvenir. Tout Proust est là-dedans !

De mon côté, je viens de me régaler de la superbe traduction de Beata Grant intitulée "Daughters of emptiness", compilation de 58 poèmes écrits par des nonnes chinoises entre le 5ème siècle et maintenant. De la poésie complètement extatique et dissolvante, à déguster dans la solitude d'un appart' en ville, pendant les week-ends tranquilles de l'été, quand tout le monde a déserté l'immeuble ...

Écrit par : Luc | jeudi, 07 août 2008

Et moi j'emporte Sebald et ses Emigrants à la campagne avant l'heure de la fraiche.

Chouette d'avoir à lire quelques lignes de toi Patrick.

Bonne continuation, toujours.

Écrit par : Véa | jeudi, 07 août 2008

Salut Patrick !
:-)
Je me réjouis de ses nouvelles publications chez Padmakara qui ne chôme pas je vois. C'est une bénédiction pour l'approfondissement du bon Dharma!
Mes encouragements aux traducteurs dévoués!
Bientôt tes commentaires pour soutenir notre lecture?

Quand bien même "guérison", "santé", "maladie"...sont des idées aux définitions douteuses, je veux dire ,dont les limites sont assez floues, j'espère que tes maux cesseront bientôt.
C'est pas impossible...

Salut Luc !
Tu nous traduirais un, deux ou trois de ces poèmes ,pour nos week-end aussi ? Ou c'est trop difficile? C'est si rare en Français.Si ça te fait plaisir bien sûr.

Écrit par : Elise | jeudi, 07 août 2008

Oui, il est bon que le temps passe sur notre bouddhisme naissant, on voit aujourd'hui, même en Occident, il mûrit !

Bonne continuation aux traducteurs, aux aprofondisseurs, et aux méditeurs !!

Écrit par : Tenryu | samedi, 09 août 2008

Pour vous, Elise, en réponse à votre amicale demande, ce petit poème extrait de la compilation de Beata Grant (Daughters of emtiness). Traduire de la poésie depuis l'anglais n'est pas chose facile et de toute façon, rien ne vaudrait une traduction directe sur l'original chinois par notre maître Patrick !

Une excursion visionnaire au Mont TienTaï
(A dream journey to Mount Tientai)

Passant le Pont de Pierre, je suis montée en flèche vers le sommet jusqu’à atteindre le Trône du Lotus ;
Déambulant dans un dédale de tours et de galeries,
j’ai découvert, par une vision directe, l’origine véritable de tout.
Quand une vapeur parfumée a diffusé à travers mes vêtements,
je me suis sentie pour la première fois purifiée,
Quand le son d’une cloche est parvenu à mes oreilles,
en une fraction de seconde, mes yeux se sont décillés.
Le garçon de bois et la jeune fille de pierre,
les bambous verts et les fleurs jaunes, je comprends désormais ce que cela signifie.
Me remémorant le passé, je me penche dans le vent
et laisse échapper trois longs soupirs.
Sur les eaux bleu azur, le reflet de la lune brillante
jette ses feux comme une pierre précieuse.

Shenyi (vers 1600)

Écrit par : Luc | lundi, 11 août 2008

Très beau, cher Luc,
j'espère néanmoins que les yeux de l'auteur se sont dessillés plutôt que décillés, bien qu'étymologiquement cette dernière forme soit en fait correcte.
Je chipote, je chipote, mais je ne sais pas moi, ce cela signifie, "Le garçon de bois et la jeune fille de pierre". Quelqu'un(e) a-t-elle des lumières?

Écrit par : Shezang | lundi, 11 août 2008

Merci beaucoup Luc !
C'est merveille d'entendre ses voix parvenues, d'oiselles en oiseaux, jusqu'aux lotus de nos oreilles.
Homme ou femme c'est bien égal quand le coeur s'épanouit dans la saveur unique et pousse sa chansonnette.
Moi, juste, ça me boulverse tous ces gazouillis dans ce monde de fracas.
Sinon j'en profitais aussi pour déambuler librement du TienTaï au Lotus en passant par la tour de Vairocana et les miroirs de la cour de la terrriiible impératrice Wu Zetian , et apprendre un peu au passage...

Amicalement

Écrit par : Elise | lundi, 11 août 2008

J'aime tellement les montagnes des Terrasses Célestes ! C'est au Zhejiang, au sud de Ningbo. La "ville" s'appelle Taizhou : il faut faire 25 km dans la montagne pour arriver à trois petits temples-monastères, de l'école Tiantai, que ne fréquentent pas les touristes, et que des moines font vivre encore. J'y suis allé il y a plus de 20 ans, et c'est là, me suis-je promis, que j'iriserais ma forme illusoire jusqu'au ciel omniprésent...
Les filles de pierre me font penser aux femmes stériles, dont toutes les apparences sont les enfants ; les garçons de bois, comme les chevaux de la même matière, sont des joujoux : ce qu'il faut pour féconder une femme de pierre.
Guérison, maladie, Proust ne m'a pas encore dégoûté de lui-même. Mon pensum, en ce moment, en alternance avec le Trésor de précieuses qualités, ce sont "Les rayons de lune du Mahâmudrâ" de Dakpo Tashi Namgyal : très très très intéressant, mais quel travail -- l'union de la "quiétude" et de la "vision supérieure".
Amitié à vous tous !

PS. Je ne blogue plus parce que Hautetfort m'a annoncé que j'avais atteint mon maximum d'octets ici. Cela vous dérange-t-il que j'efface tout et que je recommence ? Recopiez les photos qui vous intéressent -- j'en ai bien d'autres...

Écrit par : Patrick | lundi, 11 août 2008

Salut Patrick et tout le monde,

Ce serait dommage d'effacer. Ouvre plutôt un autre blog et laisse celui-ci tel quel, si c'est pas trop de gros boulot. Si tu veux, je peux tout te récupérer : textes et photos. Mais il me faut l'accès à la bse de données du blog. Un petit coup de fil ?

Écrit par : Cyp | mardi, 12 août 2008

Tout effacer? Ca ne manque pas de chan. Ca ne me dérangerait pas, je crois.
Et Samatha-Vipasyana ne manque pas de vérité.
Mais la simplicité c'est pas fastoche!

Écrit par : Elise | mardi, 12 août 2008

Marrant !
Pourvu que ça dure !

Quelle paix !
Ne trouvez-vous pas, les amis ?

Même les bobos qu'emporte
l'humour du merle ;
et le gaillet du seuil,
le nain qui ne rouillera pas
à l'ombre du clown Petruk...

Ce dernier, cela dit,
s'installe à la montagne,
près de Kintamani :

En plus de la fraîcheur,
il tâtera le silence.

Kesepian kabut gunung,
yang paling baik !

Écrit par : Petruk | lundi, 12 mai 2014

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