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samedi, 30 décembre 2006

Chandrakîrti

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mardi, 24 octobre 2006

Idul Fitri

En extase, on voit que toutes les formes
Dans le monde naissent de l'esprit,
De l'esprit qui erre depuis la nuit des temps,
Et qu'en réalité il n'y a ni formes ni esprit.


Lankâ, "Stances" I, éd. Fayard, p. 277

mardi, 17 octobre 2006

En réponse à je ne sais plus quelle question

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Brouillon ---

Derrière certains mots se cachent peut-être d’illuminantes réalités.
L’expression « substance consciente » attire mon attention. Vulgairement, je pense à la matière de la conscience, en quoi elle consiste, en quoi elle est faite. J’ai la chance de ne pas être professeur de philosophie et encore moins philosophe. J’ai la malchance d’aimer la sagesse, le mot « sagesse » dont j’ignore tout ce qu’il peut bien cacher. « Sagesse » m’évoque des jaillissements de lumière… Mais la substance consciente, shìtĭ 識體 en chinois, me laisse, à son tour, perplexe. La « chose conscience », le machin qui pense, qui ressent, qui « est là », la présence, le sentiment ineffable d’exister…
Je voudrais comprendre l’« esprit-seulement », ne serait-ce parce que je suis censé l’expliquer. L’expression est clairement synonyme de perfection absolue, Éveil, etc.
Pour Spinoza, la substance est cause de soi. Je ne sache pas que la conscience fondamentale soit « cause de soi » puisque, par exemple, elle est produite par les « semences » qu’elle charrie. On objectera que, justement, les semences, qui constituent des schémas habituels et en imprègnent d’autres, sont en quelque sorte les gouttes d’eau dont est fait l’océan de la huitième conscience.
Certes, mais il ne faut pas tout confondre.
Les semences et la huitième conscience ont beaucoup de choses en commun. Avant tout, la substance « psychique » (pas forcément « consciente » comme nous l’entendons) qui les constitue toutes deux : les semences sont des idées qui forment des séries qui tissent entre elles des schémas qui finissent par s’épanouir en images et en sensations que l’on interprète couramment comme les interactions du monde et du moi.
Les semences sont des replis de la conscience et celle-ci peut se résumer à la pure aperception : la claire et jouissive certitude d’être conscient de son objet. Le sujet, celui, celle ou cela qui est conscient est plutôt un « cela », c’est un pur acte de conscience (dont on va voir qu’il contient son objet), l’aperception en acte, connaissant parfaitement son objet (un minuscule point de couleur bleue, par exemple, une idée de point bleu), car elle n’existerait pas autrement : pour la conscience, exister c’est connaître. Un objet point instant (la « part vue », cf. inf.) face à un instant point de conscience (la « part voyante », cf. inf.) qui prend note de l’objet, simplement note.
Cette note prise est le cœur d’une semence (on verra comment la conscience fondamentale intègrera la part voyante de cette conscience à sa propre part voyante, aperception pure, en en faisant une semence…)
Mais à chaque instant des notes sont prises par millions, dont les séries et les réseaux et les sphères créent nos grains de sable, nos soucis, nos extases et nos galaxies.
Des semences qui se succèdent, se chevauchent, se fertilisent, se dessèchent, se parfument, teignent, impressionnent.
Des semences, des séries de semences, des faisceaux de semences, des paquets de semences, des programmes entiers qui finissent par être exécutés, quand les conditions sont réunies, se manifester, s’épanouir, devenir des actes : autant d’objets pour les consciences à venir.
La substance consciente n’est que cette réaction de clarté en face de son objet, en réponse ou réaction à son objet. Je dis « son » objet parce que la conscience, l’instant de conscience, prend sa couleur etc. de l’objet qu’elle a été conditionnée (depuis l’absence de commencement) à percevoir.
On connaît les huit consciences. Ce sont des variations de la conscience fondamentale, ou plutôt, de la substance consciente de la conscience fondamentale. Des modifications qui surviennent au contact des objets (les semences qui fructifient et mûrissent), dont le nombre inconcevable et la complexité créent les mondes physiques et psychiques.
En naissant, toute conscience se bipolarise en « voyant » et en « vu », en percevant et en perçu. C’est cela même qu’un acte de conscience, voire la « substance » de la conscience, la réponse à la question « comment cela fonctionne-t-il, une conscience ? ». De quoi ça a l’air. Eh bien, en langue imagée plus que philosophique, en sujet « traitant » un objet --- mais là je saute des étapes. Plus techniquement, les Indiens (que je connais en traduction chinoise) parlent de bhâga (parts, parties) en quoi la conscience semble se diviser lorsqu’elle se met à fonctionner.
La part « vue » se dit en sanskrit nimitta-bhâga et la part « voyante », darshana-bhâga. Nous parlons de vijñâna, la conscience « dualiste ». « Voir » évoque bien sûr le sens de la vue, ce qui est une comparaison pour la part « voyante », qu’il serait plus correct d’appeler « percevante ». La traduction « vu(e) » pour nimitta est loin de me satisfaire.
Le terme technique bouddhiste nimitta (comme son frère lakshana) est un casse-tête pour les traducteurs : les philosophes non sanskritistes attendent impatiemment que les bouddhologues se mettent les idées au clair à propos d’essence, d’attributs, et de maints autres chéris du jargon philosophique (même si Heidegger n’est traduisible qu’en Heidegger, une langue hautement incompréhensible…).
Il m’est venu une formulation assez claire et simple (…la rendre claire et simple, please, ce qui n’est pas encore le cas…) des « deux parts » : dire qu’une conscience émerge, c’est (pour ainsi) dire « voir une apparence ». On peut alors analyser cette émergence en deux parties : une partie « voir » et une partie « apparence ». Qu’une apparence ait été vue, cela est attesté par la « partie substantielle » de l’acte de conscience : l’aperception qui est conscience d’elle-même (l’acte de la conscience),et enfin, pour suivre Dharmapâla, cette attestation elle-même ne peut que s’attester sans qu’il y ait régression à l’infini : ces deux « niveaux » de la conscience fondamentale pouvant s’interchanger, l’un en tant que conscience d’une apparence vue et l’autre, conscience de cette conscience : ce qui est la définition la plus simpliste de l’aperception.