Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 21 novembre 2007

Stances, XIX

dc5d3d215ae1fd84f2fa1da40e711034.jpeg

XIX
Examen du temps


1. Si le présent et le futur
Sont relatifs au passé,
Ils existeront
Dans le passé.

2. Si le présent et le futur
N’existent pas dans le passé,
Comment seront-ils relatifs
Au passé ?

3. Comme on ne peut les établir
Sans les rapporter au passé,
Ni le présent ni le futur
N’existent.

4. Sachez que l’on peut appliquer la même procédure
Au deux autres moments du temps, ainsi qu’aux triades
Comme le supérieur, le moyen et l’inférieur, de même qu’à l’un
[Et au multiple], et à toutes les [autres] dyades*.

* Merci à B 244 qui nous renvoie au « statut des dyades chez Platon ».
Oserais-je ajouter que Laozi n’est pas mauvais non plus à ce sujet ?
Cf. encore Zénon, Sextus et… McTaggart !
Qui ose parler d’éristique ? Diodore Chronos niant le mouvement…

Var. de 4 :
Sachez que l’on peut remplacer* le passé par le présent et le futur,
En appliquant la même procédure à toutes les triades, comme celle
Du supérieur, du moyen et de l’inférieur, ainsi qu’à toutes les dyades,
Comme celle de l’un [et du multiple].


* Ici, au moins, j’ai traduit le tib. bsnor ba, qui n’apparaît pas en ssk.

5. On n’appréhende pas de temps mobile ;
Et comme il n’existe pas de temps immobile
Que l’on puisse appréhender, comment
Désignera-t-on un temps non appréhendé ?

6. Si le temps dépend des réalités*,
Où y a-t-il un temps sans réalités ?
S’il n’existe pas la moindre réalité,
Où y aura-t-il quelque chose comme le temps ?

* Bien expliquer la différence que je fais entre « (le) réel » et « (les) réalité(s) »

Traduction extrêmement provisoire (C) Padmâkara

mardi, 20 novembre 2007

Nâgârjuna, Stances de la Voie médiane, XXIV

1f9aa571b97e8000e9a9c11182c15a74.jpg

1. Si toutes ces choses étaient vides,
Elles n'apparaîtraient ni ne disparaîtraient,
Ce qui entraînerait que, pour vous,
Les quatre nobles vérités n'existent pas.

2. L'inexistence des quatre nobles vérités
Rendrait impossibles la reconnaissance,
L'élimination, la méditation
Et la réalisation.

3. En l'absence de ces quatre points
Les quatre fruits sont impossibles,
Et en l'absence de ces fruits, il n'y aura
Personne pour y demeurer ou y accéder.

4. En l'absence de ces huit types d'individus,
Il n'est aucune communauté possible,
Et puisque les nobles vérités n'existent pas,
Il n'y aura pas non plus de saint Dharma.

5. En l'absence de Dharma et de communauté,
Comment y aurait-il un bouddha ?
En professant ainsi la vacuité,
Vous infirmez [l'existence des] les Trois Joyaux, …

6. De même que vous niez
Les actes et leurs effets,
La différence entre le bien et le mal,
Ainsi que toutes les conventions ordinaires.

7. À tout cela je répondrai : vous ne comprenez rien
À la nécessité de la vacuité, ni à la vacuité elle-même,
Ni à ce qu'elle signifie, et c'est pour cela
Que vous la réfutez ainsi.

8. Les bouddhas enseignent le Dharma
À deux [niveaux de] vérité :
La vérité relative conventionnelle
Et la vérité absolue.

9. Ceux qui ignorent* la distinction * ne saisissent pas
Entre les deux vérités
Ne saisissent pas la profonde réalité
Enseignée par le Bouddha.

10. Il est impossible de montrer l'absolu
Sans recourir aux conventions ;
Le nirvâna est impossible
Sans la réalisation de l'absolu.

11. Mal comprise, la vacuité
Perd ceux qui manquent de sagesse
Comme un serpent mal attrapé
Ou une formule magique mal utilisée.

12. C'est pourquoi, en esprit, le Sage répugnait
À enseigner le Dharma, car il savait
Combien les faibles [d'esprit] auraient de peine
À en réaliser les profondeurs.

13. Du fait que les fâcheuses conséquences que vous avancez
Ne concernent pas la vacuité,
Votre rejet* de la vacuité * refus
Ne me concerne aucunement.

14. Où la vacuité est possible,
Tout est possible.
Où la vacuité est impossible,
Tout est impossible.

15. Vous m'accusez
De vos propres fautes
Comme si vous aviez oublié
Le cheval que vous montez !

16. Si vous considérez que les choses
Existent par essence,
Vous les voyez dépourvues
De causes et de conditions.

17. [Ce faisant,] vous rejetez l'effet et la cause,
L'agent, l'action et l'objet de l'action,
La naissance et la cessation,
De même que le fruit.

18. J'appelle " vacuité "
Tout ce qui se produit en interdépendance.
Celle-ci est [donc] une désignation relative,
Et c'est cela-même que la Voie médiane.

19. Puisqu'il n'est rien
Qui ne se produise en interdépendance,
Il n'est rien
Qui ne soit vide.

20. Si toutes ces choses n'étaient pas vides,
Elles n'apparaîtraient ni ne disparaîtraient,
Si bien que les quatre nobles vérités
N'existeraient plus pour vous.

21. Si elles ne naissaient pas en interdépendance,
Comment la souffrance viendrait-t-elle à exister ?
Il est dit que l'impermanence est souffrance,
Mais ce qui est par soi n'est pas impermanent.

22. Si les choses existaient par essence,
Pourquoi la souffrance viendrait-elle à l'existence ?
Pour ceux qui nient la vacuité
La souffrance ne peut pas avoir d'origine.

23. Si la souffrance existe par nature,
Elle ne connaîtra jamais de cessation.
Puisque elle a pour nature de durer,
Sa cessation se trouve réfutée.

24. Si la voie existe par nature,
Y méditer n'a pas de sens.
Si, en revanche, il faut méditer sur la voie,
Celle-ci n'existe plus par nature, comme vous l'entendez.

25. Dès lors que la souffrance, son origine
Et sa cessation n'existent pas,
Quelle cessation de la souffrance
Serait, selon vous, atteinte par la voie ?

26. Si, de par sa nature, [la souffrance]
Ne peut pas être connue,
Comment la reconnaîtra-t-on ?
N'existe-t-elle pas par elle-même ?

27. De même ne pourrez-vous
Plus reconnaître son élimination,
Ni l'actualisation [de sa cessation],
Ni la méditation, ni les quatre fruits.

28. Comment celui qui croit à l'existence réelle [des choses]
Pourra-t-il atteindre un fruit
Qu'il n'a jamais atteint
Si celui-ci existe par nature ?

29. S'il n'y a pas de fruit, nul ne peut y demeurer,
Et il n'existe pas non plus d'êtres pour y accéder.
Si ces huit types d'individus n'existent pas,
Il n'y a pas de communauté.

30. Comme les quatre nobles vérités n'existent pas,
Le saint Dharma n'existe pas non plus.
En l'absence de Dharma et de communauté,
Comment y aura-t-il un bouddha ?

31. Il en résultera pour vous un bouddha
Indépendant de l'Éveil
Et un Éveil
Indépendant du bouddha.

32. Selon vous, celui qui n'est pas bouddha par nature
Aura beau faire effort dans la pratique de l'Éveil
Pour atteindre l'Éveil :
Jamais il ne l'atteindra.

33. Nul ne fera jamais
Ce qui est Dharma et ce qui ne l'est pas :
Comment agir sur ce qui n'est pas vide ?
On ne peut rien changer à ce qui est par soi.

34. Pour vous, le fruit existe
Indépendamment du Dharma et du non-Dharma.
Pour vous, il n'y aura pas de fruit
Causé par le Dharma et le non-Dharma.

35. Si vous admettez qu'il y a un fruit
Causé par le Dharma ou le non-Dharma,
Comment ce fruit causé par le Dharma
Ou le non-Dharma ne serait-il pas vide ?

36. Celui qui nie la vacuité
De ce qui naît en interdépendance
Nie par là même toutes
Les conventions ordinaires.

37. Quand on nie la vacuité,
Toute action devient impossible.
Une action se produirait sans avoir été entreprise
Et l'inaction se ferait agent.

38. Si les choses étaient par soi, les êtres
Ne naîtraient ni ne cesseraient ;
Figés dans l'éternité, ils resteraient privés
Des états différents [de plaisir et de souffrance].

39. Sans la possibilité du vide,
On n'atteindrait pas ce que l'on n'a pas déjà atteint,
On ne mettrait pas fin à la souffrance et l'on ne se libérerait
D'aucun karma ni d'aucune émotion négative.

40. Celui qui voit la production interdépendante
Voit la souffrance,
Son origine, sa cessation
Et la voie.

Traduction provisoire (C) Padmâkara

dimanche, 18 novembre 2007

Bodhicaryâvatâra X 55