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samedi, 22 décembre 2007

Ronald dit : "Je ne suis pas mon corps."

Décérébré,
ça méditera hors-cervelle.

Si les penseurs pensaient,
ils devraient se calmer.

La mer n'est jamais si belle
que quand elle est plate,
ou déchaînée.

Ayant tout compris,
il était bête
et heureux.

On doit à Heidegger
la jolie question :
"Qu'en est-il de l'être de l'étant ?"

Tout semble souffler,
à l'ouest comme à l'est,
au sud comme au nord,
et même au centre,
au centre de tout,
vacuité de l'apparence,
apparences de la vacuité,
de vacuité, en vacuité --
tant d'apparences...

La rose reste sans pourquoi
et belle sans aucun pourquoi
rose pourtant rose qu'on aime
pour tout le bien qu'on pense d'elle

Si les penseurs se reposaient de la pensée,
ils penseraient mieux
en étant les dieux
de mondes
bien
meilleurs.

Puis vient l'instant de se taire,
l'un des plus doux.

jeudi, 06 décembre 2007

Au John qui sait repérer les "gentils"

Je reviens de chez Isabelle qui me semble donner dans la jaille à n'en plus finir, pour la plus grande gloire de Dieu je suppose, et je ne suis pas peu fier de me retrouver cité sur sa page antibouddhiste par un poltron signant John. J'aime les sarongs de couleurs, spécialement dans les lieux de culte ; j'aime le lisse et le tiède du marbre quand dehors il fait presque 40 degrés ; j'aime la paix des hommes en prière ; j'aime bien écrire en retournant à la ligne. J'aime bien les crétins qui n'ont que haine au coeur et dérision à la bouche -- je ne les aime pas plus que les chiens aiment leur crotte, mais pas moins. Les chrétiens antibouddhistes du site d'Isabelle ont dû trop tendre l'autre joue : ils ont pris tellement de gnons qu'ils en sont devenus franchement cons. Je suis pour le renouveau du christianisme (il en a grand besoin) et contre la criminalité tant des bouddhistes que des chrétiens que des athées et même des mormons. J'écris :

sarongs de couleurs

marbre tiède

la paix



Et je retrouve ça au bout des quelque 800 "commentaires" qui font suite à la superbe note sur les "ignobles vérités du bouddhisme". Il y a le nom de l'auteur et la date. C'est très scientifique :

Ecrit par : Patrick | mardi, 04 décembre 2007

Il y a a l'adresse de mon blog et l'url de la note et du commentaire :
http://nonihil.hautetfort.com/archive/2007/11/27/dans-la-mosquee-d-amlapura.html#c2975983

Ensuite, le commentaire de "John" :

Le marbre est tiède, fin prêt pour le sacrifice!

Ils sont gentils!

Ecrit par : John | mercredi, 05 décembre 2007

Signé, comme il se doit, et daté.
Alors il me vient une folle envie de discuter :

Je voudrais bien savoir pourquoi, quand le marbre est tiède, il est "fin prêt pour le sacrifice". Quel sacrifice ? Celui de John pour les autres ? L'anonyme qui signe John (dommage pour tous mes amis John) devrait m'en dire plus. Je voudrais aussi qu'il m'explique ce qu'il y a de "poétique" dans le fait de retourner à la ligne. Et, enfin, qui sont ces "ils" qu'il trouve "gentils".

En fait je ne veux rien savoir de tout ça, mais je ne peux m'empêcher de me demander quelle mouche les a piqués, tous ces tartignoles qui déblatèrent à en perdre haleine sur le site d'Isabelle.

Je n'ai pas eu l'impression en les lisant qu'ils avaient de la compassion pour les victimes : j'ai plutôt vu qu'ils avaient grande haine et grande peur des bourreaux -- ces crétins prétendument bouddhistes. On ne redoute jamais tant la menace que celle que l'on porte au coeur.

mardi, 27 novembre 2007

L’un des pourquoi dont se passe la rose

Il y a ceux et celles qui, loyer payé, vivent à deux, trois ou plus avec quelque 200 euros par mois. Il ya ceux qui vivent avec moins d'un dollar US par jour : la majorité des êtres humains. Ce n'est pas mon cas : j'en ai honte. Je ne pense qu'à la vie intérieure, et là aussi le RMI et l'indigne règnent en maîtres. Alors permettez-moi, en dépit du bon sens, d'émetttre les quelques idées qui suivent, à l'usage de ceux et celles qui ont assez de temps pour se brancher sur le Net et s'adonner aux plus hautes considérations.


Le « non-soi » désigne le monde – ce qui n’est pas « soi » – et ne traduit pas le sanskrit « nairâtmya », le tibétain « bdag med » (pron. dakmé), le chinois « wu wo ». Il faut traduire (et comprendre) « sans-soi », « irréalité du soi ». Le bouddhisme nie le soi en tant que substance : ce qui est en soi et par soi. Ce faisant, il nie la personnalité de l’individu en tant qu’elle serait absolue, et non sa personnalité, son unicité, son originalité relatives. Les bouddhistes ne confondent pas M. X et M. Y. Les bouddhas et les bodhisattvas ont des noms différents : ils ne forment pas une masse indifférenciée. Si des bouddhistes ont commis des crimes sous prétexte que leurs victimes n’avaient pas de soi au sens où elles n’avaient aucune valeur, ils se sont grossièrement, et affreusement, trompés. Ils auraient dû commencer par comprendre l’inexistence de leur propre soi absolu. Pas de différence à ce niveau-là. Conchier le bouddhisme pour les crimes de certains bouddhistes, cela revient à conchier le christianisme, etc. pour les crimes de certains chrétiens, etc. Les non-bouddhistes reprochent souvent aux bouddhistes de n’être pas des bouddhas : est-ce une habitude chez les chrétiens de reprocher à un chrétien de n’être pas le Christ ? Tout cela, ce sont des considérations d’ordre relatif. Car, il faut le reconnaître, il existe indéniablement un « relativement vrai » : ce qui est vrai pour moi ne l’est pas forcément pour tout le monde ; et un « absolument vrai » : cet absolument vrai ou vérité absolue a tout du Dieu des mystiques : indicible, inconcevable, inexprimable. Ceux qui veulent que leur religion soit la meilleure ont raison de le penser tout bas ; cela peut les aider à progresser sans tout mélanger. Mais ils ont tort de le proclamer avec agressivité, voire de tout mettre en œuvre pour dénigrer et détruire les autres religions. La religion fait partie de la vérité relative : c’est un phénomène social, géographique, culturel. Ce qu’il y a d’absolument vrai dans la religion dépasse toute forme de culture, toute condition, toute religion. Je ne puis croire qu’un absolu soit supérieur à un autre absolu : il n’y a pas plusieurs absolus. Soit l’absolu est absolu, soit il ne l’est pas, et dans ce cas, il s’agit de quelque chose de sublime, peut-être, mais en aucun cas de l’ineffable vérité absolue. L’expérience mystique authentique est la seule preuve de l’absolu, non de son existence, mais de sa vérité. Seul l’individu qui « fait » cette expérience en connaît le contenu. Il le connaît non avec son « petit esprit », avec la pensée de son soi relatif, mais par-delà toute connaissance dualiste. Ce que je dis là, je ne le connais pas moi-même. Je ne fais que répéter ce que j’ai cru comprendre. Et je répète ceci : la colère est mauvaise conseillère. Jamais la haine n’a construit quoi que ce soit de beau. Quant à « Mein Kampf » en tibétain, mon bien cher « Zak », traduit par le XIIIe Dalaï Lama lui-même, je ne connais pas d’invention plus ridicule : plus ridicule encore que les délires du « Matin des magiciens »…

NB : Avec Spinoza j’admets une seule substance : Dieu, le seul être qui est, au sens fort. Et en ce sens j’ose affirmer, à titre de vérité provisoire, que l’insurpassable éveil authentique et parfait des bouddhas est un autre nom de Dieu. En aucun cas l’objet d’une croyance, mais bien plutôt la foi elle-même, l’indicible mystère de la foi.