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vendredi, 28 avril 2006

Dire Ce Qui Est

Dire Ce Qui Est :
le plus périlleux des dires,
mais aussi le plus nécessaire.
« Ce qui est » : « cela » a tant de noms.
Tous ces noms ont été choisis
pour différentes raisons
en différentes circonstances –
selon certaines déterminations.
Mais ce n’est pas cela qui importe :
le problème, c’est le dire de Cela.
Une fois Cela « admis », le dire.
Non le dire au mieux, mais exactement.
Or tout dire s’adresse à quelqu’un,
à un instant de ce quelqu’un,
pour qu’il puisse l’entendre,
l’admettre,
vivre avec.
Ce dire change à chaque instant.
Cela ne change pas.
Et si l’on admet que tout dit Cela,
ou que rien ne le dit,
on revient au port,
au port du regard :
le regard silencieux.

Au cœur

Crispation.
Je me crispe sur le peu que je connais.
Ça cristallise à toute allure.
Je pense que je pense, je pense penser.
J’ai cru sentir, et même voir.
Je pense mal, mais qu’est-ce que bien penser ?
J’ai vu Dieu et je ne le vois plus.
J’ai cru voir Dieu et je crois ne plus le voir.
Un système !
Il me  faut un système :
une langue, des yeux, des témoins.
Mon chemin serpente dans l’incertitude.
Mon ignorance m’empêche de me savoir ignorant.
Je le pressens mais refuse de l’admettre.
Je prends mon ignorance pour une licence poétique.
Une exception : moi.
Moi pour qui la mort, aussi,
fera une exception.
Mon ignorance comme un ornement.
M’ouvrir me donne des rhumes,
penser des aphtes,
rire des calculs.
Je repousse l’échéance du constat.
Je ne verrai jamais re-Dieu de Dieu.
Je ne reverrai jamais Dieu.
Tout et son contraire :
pour les incultes du cœur.
Le cœur n’est pas grand-chose
mais sans le cœur rien ne vaut rien.
Pourquoi ?
Parce que, à défaut de Révolution,
il y a les sentiments.
L’émerveillement sentimental
comme la Vérité
d’une dague
au cœur.